Goût Marie-Antoinette

Année de nomination : 1973      Dossier n° 796 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Marie-Antoinette Goût
Date de naissance : 14/05/1906
Date de décès : 16/05/1986
Profession : Infirmière
Particularité : Plusieurs récompenses : Chevalier de la légion d'Honneur, médaille militaire et décoration de la Croix de Guerre

Localisation

Localite : Epinal
Département : Vosges
Région : Lorraine
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 20 septembre 1978
Lieu : Yad Vashem Jérusalem ()

Personnes sauvées

Mme Norah Balland (née Hecker)

Mme Régine Banda

Mme Simone Banda

Mme Josette Hecker

M. Jean-Michel Weill

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Marie-Antoinette Gout était infirmière à Epinal dans les Vosges, en zone occupée par les Allemands. Les dirigeants de la communauté juive savaient qu'elle était toujours prête à aider les Juifs en détresse. En 1942, lorsque la situation des Juifs d'Epinal devint critique, Mme Hecker vint lui demander de l'aider à faire passer clandestinement ses deux filles, Norah, 16 ans, et Josette, 18 ans, en zone libre. Marie-Antoinette leur procura de faux-papiers ainsi qu'à cinq autres jeunes Juifs. La technique qu'elle avait adoptée pour leur faire franchir la ligne de démarcation était simple : officiellement, elle convoyait elle-même un groupe de tuberculeux, partant en convalescence dans les Alpes. Aussi expliquait-elle soigneusement à ses protégés comment se comporter. Pour ne pas attirer l'attention, Josette et Norah s'étaient habillées de façon à avoir l'air de gamines. La police allemande procéda à des inspections méticuleuses dans le train qui conduisait les fugitifs d'Epinal à Lyon et notamment au passage de la ligne de démarcation. Marie-Antoinette Gout courait elle-même un terrible danger. Heureusement, grâce à sa présence apaisante, les enfants restèrent calmes jusqu'à leur arrivée à Lyon, où ils étaient attendus pour être conduits chez des parents. Deux filles de Mme Dreyfus, veuve du président de la communauté juive d'Epinal, se trouvaient dans ce petit groupe. Dans son témoignage après la guerre, Mme Dreyfus ne tarit pas d'éloges sur le courage et le dévouement de Marie-Antoinette Gout. Dénoncée par un mouchard, l'infirmière, qui faisait partie de la Résistance, fut arrêtée par les Allemands et internée à Nancy, puis déportée au camp de concentration de Ravensbrück. Elle parvint à tenir bon jusqu'à la Libération. A son retour en France, elle déclara avoir agi uniquement par patriotisme et pour des raisons humanitaires.

Le 3 mai 1973, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Marie-Antoinette Gout le titre de Juste parmi les Nations.