Lavialle Jeanne

Année de nomination : 1999      Dossier n° 8473 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Jeanne Lavialle
Date de naissance : 23/06/1898
Date de décès : 13/12/1978
Profession : Attachée à la Préfecture du Cantal de 1919 à 1960, Fonctionnaire,chef de service "étrangers et des Israélites"
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Aurillac
Département : Cantal
Région : Auvergne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 2 mai 2000
Lieu : Assemblée Nationale (75007)

L'histoire

En novembre 1942, le préfet régional de Clermont-Ferrand ordonna à M. Roger Homo, préfet d’Aurillac (Cantal) l’ouverture d’une enquête contre Mademoiselle Jeanne Lavialle, chef du service dit "des Etrangers et des Israélites", accusée de commettre des irrégularités dans l’exercice de ses fonctions. Le préfet confia l’enquête au commissaire principal des Renseignements Généraux. Melle Lavialle avait délivré des permis de séjour et des permis de travail à Arpajou-sur-Cère, localité voisine d’Aurillac, à des dizaines de Juifs incorporés de force dans des GTE (Groupements de travailleurs étrangers) et des membres de leur famille. Un rapport d’enquête du 22 décembre 1942 détaille la situation administrative de 19 titulaires de ces permis, domiciliés à Arpajou avec leur famille, au total plus de 50 personnes. Parallèlement, le préfet convoqua Jeanne Lavialle pour entendre sa version des faits. En fin de compte, Roger Homo décida de "couvrir" sa subordonnée et écrivit qu’après "un examen attentif de la situation, aucune irrégularité n’a été relevée". Au lendemain de la Libération, le préfet du Cantal nouvellement nommé adressa une note à Jeanne Lavialle : "J’ai appris avec quelle persévérance et quel bonheur vous avez pu éviter l’arrestation de nombreuses personnes traquées par la férocité des autorités allemandes". Dix ans après, Roger Homo révéla dans une lettre que Jeanne Lavialle avait été victime de "dénonciations auprès du Gouvernement". De nombreux témoignages de personnes sauvées, il ressort que Jeanne Lavialle camouflait des enfants juifs dans des homes et internats catholiques et laïcs. Une jeune femme, Fanny Lewiner, réfugiée de Paris à Vic-sur-Cère, a écrit qu’à la veille de rafles de Juifs, Mademoiselle Lavialle, ou son assistante Madame Olivier, venait à bicyclette d’Aurillac pour la prévenir, elle et les siens.

Le 24 mai 1999, l'institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Jeanne Lavialle le titre de Juste parmi les Nations.

 

Jeanne LAVIALLE