Trachtenberg Yvette

Année de nomination : 1999      Dossier n° 8484 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Yvette Trachtenberg (née Joseph-Henri)
Date de naissance : 22/05/1912
Date de décès : 10/08/2011
Profession : Chirurgien-Dentiste
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Ivry-sur-Seine
Département : Val-de-Marne
Région : Île-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 5 juin 2000
Lieu : Mairie du XVII ième Paris ()

Personnes sauvées

M. Bernard August

Mme Monique Blustein (née August)

Mme Simone Brunet (née August)

Mme Françoise Franck (née August)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Née à la Martinique, Yvette Joseph Henri était chirurgien dentiste. Depuis 1937, elle travaillait dans le cabinet dentaire d’Abram August à Paris. Immigré de Roumanie, August n’avait pas le droit d’exercer lui-même l’art dentaire. En mars 1939, Yvette épousa Henry Trachtenberg. Pendant l’Occupation, son mari juif se réfugia en zone sud. Elle ouvrit son propre cabinet dentaire en avril 1942 à Ivry sur Seine (Val-de-Marne), et partagea son activité professionnelle entre le cabinet de M. August et le sien propre. Mais en été de la même année, son employeur et Madame August furent internés à Drancy, puis déportés, tandis que leurs 4 enfants, âgés de 5 à 9 ans étaient en placement familial. Leur nourrice exigea alors, en s’adressant à Yvette, une augmentation du prix de la pension, faute de quoi elle remettrait les enfants, disait-elle, "à l’Assistance publique, ou ailleurs". Ses ressources ne lui permettant pas de verser les sommes demandées, Yvette Trachtenberg recueillit le bambin et les trois fillettes à son domicile à Ivry. Elle-même ne se sentait guère en sécurité, en tant qu’épouse d’un Juif et Antillaise. Aussi se mit-elle à la recherche de placements pour les enfants August, non sans avoir consulté par correspondance leurs deux tantes habitant à Bruxelles. Des institutions établies dans l’agglomération parisienne les recueillirent, tandis qu’Yvette leur rendait de fréquentes visites et veillait au bien-être de chacun. Après la libération de la France, puis de la Belgique, elle confia à la Croix-Rouge le soin de les convoyer jusqu’auprès de leurs tantes à Bruxelles. A plusieurs reprises, en 1943 et 1944, la Gestapo harcela Yvette Trachtenberg et la convoqua même pour interrogatoire à son Q.G. de l’avenue Foch, pour tenter d’obtenir des informations concernant les lieux de refuge de son mari et des enfants August. Ces derniers ont noué un lien quasi familial avec le couple Trachtenberg et leurs enfants, nés après la guerre.

Le 3 mai 1999, Yad Vashem a décerné à Yvette Trachtenberg le titre de Juste parmi les Nations.

 

Yvette TRACHTENBERG