Defontaine Albert

Defontaine Maria

Année de nomination : 1999      Dossier n° 8722 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Albert Defontaine
Date de naissance : 02/08/1887
Date de décès : 03/10/1944
Profession : Retraité
Particularité : Ancien Caoutchoutier

Mme Maria Defontaine (née Lansiaux)
Date de naissance : 21/05/1879
Profession : Sans
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Montfermeil
Département : Seine-Saint-Denis
Région : Île-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 5 juin 2001
Lieu : Salons de Boffrand au Sénat (75006)

Personnes sauvées

Mme Ginette Desmarets (née Goldman)

Mme Michèle Dluznievsky

M. Wolf Goldman

M. Szulim Goldman

Mme Thérèse Vanryb (née Goldman)

M. André Zabyzny

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Un couple de retraités, Albert et Maria Defontaine, demeurant à Montfermeil (Seine Saint-Denis) recueillit à son domicile dans la soirée du 15 juillet 1942 deux familles juives, les Goldman et les Dluznievsky, réfugiées de Pologne à Paris. L’inspecteur de police Henri, dit "le grand Henri" - ainsi qu’aime à le rappeler Wolf Goldman qui avait 5 ans à l’époque – venait les avertir de l’imminence d’une grande rafle de Juifs. Le cordonnier Szulim Goldman, sa femme et leurs trois enfants, ainsi que leur voisine, Madame Dluznievsky (son mari avait déjà été arrêté en 1941), ses quatre filles et son neveu André, 4 ans, se rendirent séance tenante chez les Defontaine. Albert, grand invalide de la guerre de 14, sa femme et sa belle-sœur Berthe connaissaient quelque peu les parents et firent preuve d’une incomparable hospitalité. "La première nuit", se rappelle Wolf Goldman, "nous avons [les sept enfants] tous dormi en travers du lit comme les petits Poucets du conte de Perrault". Dès le lendemain, Mme Dluznievsky et ses trois aînées se lancèrent dans l’aventure du passage clandestin de la ligne de démarcation. Sa petite Michèle, 7 ans, son neveu André, ainsi que Ginette Goldman, 3 ans et son frère Wolf restèrent chez les Defontaine. Le cordonnier, sa femme et Thérèse, leur aînée, trouvèrent à se loger dans la maison voisine. Ils se chargèrent aussi bien que possible de l’approvisionnement en nourriture des petits et de ceux qu’ils appelèrent "grand-mère, grand-père et maman Berthe". Wolf n’a rien oublié : "grand-mère était mon grand amour, je lui jurais que quand je serai grand, je lui offrirai une église en or, une maison en or et des poules en or". En juillet 1943, des policiers français escortés par un Allemand arrêtèrent Szulim Goldman (qui a survécu à la déportation). "Grand-mère [les] a suppliés de le laisser car c’était un bon père et un homme honorable. Il lui a été répondu : « Madame, vous cachez des Juifs, vous serez déportée avec eux ! » Réponse de grand-mère : « Je fais mon devoir de Française »." Enfin advint la Libération : "Grand-père a réalisé son rêve : voir flotter le drapeau français sur Paris. Il est mort le 3 octobre 1944".

Le 21 décembre 1999, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Albert et Maria Defontaine le titre de Juste parmi les Nations.