Souverbielle Léonce

Année de nomination : 2000      Dossier n° 8816 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Léonce Souverbielle
Date de naissance : 02/04/1923
Date de décès : 20/06/1988
Profession : Artisan ébéniste
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Coarraze
Département : Pyrénées-Atlantiques
Région : Aquitaine
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 12 décembre 2001
Lieu : Coarraze ()

L'histoire

Léonce Souverbielle (19 ans) était artisan ébéniste et dirigeait l’entreprise de ses parents, « Les Meubles Souverbielle », à Coarraze (Pyrénées Atlantiques). En 1942, il engagea Joseph Bialot (18 ans) comme apprenti ébéniste, sur contrat. Ce contrat de travail permit à Joseph qui était juif étranger, d’obtenir « un détachement » de la Compagnie de travailleurs étrangers à laquelle il était incorporé. Au moment de la débâcle, sa famille s’était enfuie de Paris et réfugiée à Pau. Ensuite elle fut assignée à résidence à Nay et évita les rafles d’août 1942 en zone sud, en passant les nuits chez des voisins. Mais après l’invasion du sud de la France en novembre 1942, Joseph Bialot reçut une convocation pour se présenter au camp d’internement de Gurs. Il prit la décision de s’enfuir en zone italienne et présenta sa situation à Léonce Souverbielle, lui demandant s’il pouvait lui procurer un certificat de Première Communion. Léonce courut à la Mairie et lui ramena l’acte de naissance de son jeune frère Jules, car lui-même entrait dans la classe d’âge des requis aux Chantiers de la Jeunesse ou au STO. Il le munit aussi du certificat de Première Communion de Jules ainsi que de sa carte d’alimentation. Joseph Bialot partit pour Grenoble sous le nom de Jules Souverbielle, natif de Coarraze. Jules approuva son frère quand il s’aperçut de la disparition de ses papiers. Ainsi Joseph put-il obtenir, à Grenoble, une authentique carte d’identité qui lui permit de survivre jusqu’à son arrestation en juillet 1944, qui aurait pu avoir de graves conséquences pour les Souverbielle. Déporté à Auschwitz, il revint à la fin de la guerre et renoua des liens durables avec Léonce Souverbielle qui avait continué à protéger la famille Bialot jusqu’à son départ à Grenoble, sur les traces de Joseph.         

Le 13 août 2000, Yad Vashem a décerné à Léonce Souverbielle le titre de Juste des Nations.

 

Le témoignage

La famille BIALOBRODA, originaire de Pologne émigre en France en1929 et s'installe à Paris, dans le quartier de Belleville.

En 1940 lors de l'armistice la famille se retrouve à Pau, puis est assignée à résidence par la Préfecture des Basses Pyrénées à Nay, situé à 20 km de Pau et de Lourdes. Début 1942, Joseph Bialobroda, 18 ans, est affecté sur ordre de la Préfecture dans une compagnie de travailleurs étrangers à Louvie-Juzon. Par l'entremise d'un camarade belge, il fait connaissance de Léonce SOUVERBIELLE, âgé de 19 ans, béarnais pur sang et catholique pratiquant.Léonce Souverbielle lui établit un contrat de travail dans l'entreprise de son père où lui même est artisan ébéniste, ce qui lui permet son " détachement " de la compagnie des travailleurs étrangers. Il loge à Nay chez ses parents et travaille à Coarraze (à 2 km de Nay ) et touche un salaire d'apprenti d'ébéniste. Quelques jours avant Noül, Joseph est convoqué pour se présenter au camp de Gurs.

Décidé à rejoindre la zone italienne réputée plus clémente, il achète sa première " fausse carte d'identité " et explique la situation à son patron, Léonce Souverbielle, en qui il a toute confiance ; celui ci va à la mairie et lui ramène l'acte de naissance de son frère Jules, le certificat de première communion de celui-ci ainsi que sa carte d'alimentation. Joseph se sépare de sa famille, quitte Nay et arrive à Grenoble où il devient Jules Joseph Souverbielle, natif de Coarraze, avec une véritable carte d'identité grâce à l'acte de naissance fourni.

Pendant des mois, chaque semaine Léonce rend visite aux parents de Joseph et leur fournit des aliments jusqu'à leur départ pour Grenoble.

Joseph a pu continuer dans ces conditions jusqu'à son arrestation en juillet 1944, en tant que résistant, grâce aux documents fournis par Léonce.

Il est toujours resté en relation avec Léonce et sa famille.