Collenot Charles

Année de nomination : 2002      Dossier n° 9106 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Charles Collenot
Date de naissance : 07/04/1888
Date de décès : 05/01/1961
Profession : Entrepreneur de travaux publics
Particularité : Gardien au Musée du Louvre

Localisation

Localite : Paris
Département : Paris
Région : Île-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 12 mars 2003
Lieu : Mairie du XVI eme Paris ()

Personnes sauvées

M. Michel Cojot Golberg

M. Josek Goldberg

Mme Denise Goldberg (née Godfrid)

Lieux de mémoire

Le parcours sonore des Justes de Paris
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Charles Collenot avait pour voisin à Paris une famille juive, les Goldberg. Ancien combattant de la Guerre de 1914-1918, il fut le premier soldat de deuxième classe décoré de la Légion d’Honneur pour fait de guerre, décoration qu’il reçut sur le front des mains du président Poincaré. Dans le civil, il était employé comme simple garde au musée du Louvre où il travailla jusqu’à sa retraite. Sous l’Occupation, il contribua au sauvetage de nombreuses œuvres du patrimoine national. Mais il se distingua plus particulèrement dans le sauvetage de vies humaines. Dès la promulgation du premier statut des Juifs, Charles vint spontanément proposer aux Goldberg de donner à leur fils Michel, 3 ans, l’identité de son petit-fils, Jean Collenot, qui avait à peu près le même âge. En 1941, avec les premières vagues d’arrestation de Juifs, Charles mit à la disposition des Goldberg une petite maison qu’il possédait à Saint-Maur-des-Fossés, en région parisienne. Mais Saint-Maur étant trop proche de Paris, Charles, originaire de Bourgogne où il comptait parents et amis, obtint pour eux la disposition d’une petite maison à Précy-sous-Thil (Côte d’Or) et les aida à y parvenir. Grâce à ses relations, le couple Goldberg put gagner sa vie en participant aux travaux agricoles. Ils y restèrent jusqu’en fin 1942, date à laquelle ils décidèrent de s’installer à Lyon. Quand les autorités vinrent confisquer leurs biens et poser les scellés sur leur appartement de Paris, Charles eut le temps de récupérer quelques-uns de leurs meubles qu’il entreposa chez lui, condamnant ainsi l’usage d’une de ses trois pièces. Il les rendit à leurs propriétaires légitimes à leur retour à Paris en 1947. Pour éviter d’éveiller les soupçons, il limita les visites à son appartement et ne dévoila ses activités à quiconque. Sa femme et sa fille unique, mariée à un résistant, n’avaient même pas été informées bien qu’ayant des doutes sur la situation. La décision de s’installer à Lyon eut des conséquences tragiques pour M. Goldberg, arrêté et mort en déportation. Mais Michel et sa mère survécurent grâce à l’aide généreuse et désintéressée de Charles avec lequel ils maintinrent des liens constants jusqu’à son décès en 1961.       

Le 14 avril 2002, Yad Vashem a décerné à Charles Collenot le titre de Juste des Nations.

 

Le témoignage

En 1940, les époux GOLDBERG habitent avec leur fils Michel, âgé de 2 ans, 71, avenue Ledru Rollin, à Paris 12ème. Peu après la promulgation du statut des Juifs, leur voisin, Charles COLLENOT, héros de la première guerre mondiale, vient spontanément leur proposer de donner à Michel l'identité de son propre fils, Jean, du même âge.

Mais les parents GOLDBERG restent très menacés. Après leur avoir prêté sa maison de Saint Maur, Charles COLLENOT se met donc en quête d'un refuge sûr dans sa Bourgogne d'origine. Ainsi les GOLDBERG font le voyage vers Précy-sous-Thil, en Côte d'Or. Là, ils parviennent à se fondre dans le paysage local.

Pourtant, la question des identités n'étant toujours pas réglée, les contrôles étaient toujours à craindre. Fin 1942, M. GOLDBERG part à Lyon à la suite de contacts prometteurs pour obtenir ces fameux papiers. Malheureusement, cette décision lui fut fatale. Madame GOLDBERG et son fils Michel sont, eux, restés dans leur refuge bourguignon.

Pendant ce temps, à Paris, Charles COLLENOT prend soin de vider l'appartement des GOLDBERG de ses biens les plus importants. Il les stockera chez lui jusqu'à la Libération où ils seront tous rendus à leur propriétaire.

Modeste gardien au Musée du Louvre, Charles COLLENOT a, au risque de sa vie, sauvé celle de Michel et de sa maman.