Thiollier Paule

Thiollier Joseph

Année de nomination : 2000      Dossier n° 9125 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Paule Thiollier (née Gay)
Date de naissance : 21/04/1921
Profession : Mère au foyer, mère de 2 enfants
Particularité : Information non disponible

M. Joseph Thiollier
Date de naissance : 22/02/1917
Date de décès : 20/10/2006
Profession : Cadre commercial
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Saint-Etienne
Département : Loire
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 28 octobre 2001
Lieu : Mairie de Saint-Etienne ()

Personnes sauvées

Mme Monique Kahn (née Netter)

Mme Alberte Zwirn (née Netter)

Lieux de mémoire

Groupe scolaire Paule et Joseph Thiollier
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Paule et Joseph  THIOLLIER avaient respectivement 27 et 23 ans à la fin du printemps 1944,  Ils étaient mariés depuis le 9 mai 1941, avaient deux enfants (Philippe  2 ans et un tout jeune bébé, Marie-Madeleine). Ils habitaient rue Balay à  Saint-Etienne.

Paule et Joseph Thiollier Joseph travaillait dans une imprimerie de presse où Pierre LANDY était chauffeur livreur. Les deux hommes s’appréciaient et en toute confiance Pierre LANDY exposa ses soucis à son jeune chef : il cherchait désespérément un abri sûr pour deux petites filles juives, Alberte (10 ans) et Monique (6 ans) dont il aidait la famille pourchassée par les nazis. Elles étaient pour l’instant cachées avec leurs parents, Yvonne et Roger NETTER, chez Catherine et Joannès FURNON, dans un petit appartement dont la situation en plein centre ville, en face d’un café fréquenté par la milice, était particulièrement dangereuse.

Joseph THIOLLIER et Paule n’hésitèrent pas un seul instant à les prendre chez eux, en dépit des mises en garde du père de Jo, effrayé par les risques encourus. Avec une force insoupçonnée qui fit d’un fils aimant, soumis et respectueux, un homme téméraire, il brisa les tabous d’une stricte éducation et résolut d’aller jusqu’au bout de ce que lui dictait sa conscience.

Malgré ses réticences, pour que la présence des enfants se fasse discrète, Monsieur THIOLLIER père, se retira dans sa maison de campagne pour laisser à son fils la demeure qu’il occupait dans le parc du Vieux Montaud, à l’écart de la ville.

« Taty et Oncle Jo » surent redonner espoir et courage aux deux enfants tristes et apeurées qu’ils avaient recueillies. Elles attendirent auprès d’eux la Libération, entourées de leur affection, de leur extrême délicatesse et  des attentions des nombreux collatéraux qui savaient tout, mais qui ne dirent rien.

Cinquante six ans plus tard,  Jo écrivait aux responsables de Yad Vashem :

« Effectivement, du mois de mai 1944 au 24 août, nous avons accueilli deux petites filles juives, poursuivies par la police allemande : Alberte NETTER (âgée de 10 ans) et sa sœur Monique dont nous avons fêté les six ans, le 12 août, pour lui faire oublier un moment l’absence de ses parents. Et puis, le 24 août, elles ont rejoint leur famille. Cela a été une immense joie et un immense soulagement pour tous, avec, pour nous un peu de tristesse de les voir nous quitter.  Nous avons fait cela par simple humanité. Nous trouvions cela tout à fait normal et nous n’avons jamais revendiqué quoi que ce soit. Nous recommencerions si c’était nécessaire. »

Le 29 octobre 2000, l’Institut Yad vashem Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les nations à Joseph Thiollier  et son épouse Paule.