Pean-Pages Evangelina

Année de nomination : 2001      Dossier n° 9170 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Evangelina Pean-Pages (née Ellis)
Date de naissance : 07/03/1877
Date de décès : 21/12/1951
Profession : Directrice d'un foyer de jeunes filles
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : La Tronche
Département : Isère
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 14 octobre 2001
Lieu : Mairie de la Tronche (38700)

Personnes sauvées

M. Georges Ach

M. Léopold Ach

Mme Colette Hirsch (née Ach)

Lieux de mémoire

Plaque Eva Péan Pages
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Evangelina Pean-Pages, 66 ans, était directrice du foyer de jeunes filles « Brise des Neiges », dépendant des Unions Chrétiennes de Jeunes Filles, à la Tronche, (Isère). Elle le dirigea de 1942 à 1946 et y cacha, dès l’occupation allemande de la zone italienne, plus de 90 Juifs persécutés ainsi que d’autres fugitifs. Affiliée à l’Eglise Réformée, elle était animée d’une foi inébranlable qui lui donnait le courage d’assumer les risques qu’elle prenait. A plusieurs reprises, des notables, dont le maire de Grenoble, la mirent en garde et à cinq reprises les gendarmes vinrent fouiller le foyer et consulter ses registres. Elle sut les éconduire soit en faisant la sourde oreille, soit en se lançant dans de longs discours pétainistes ou autres stratagèmes. Parfois des gendarmes bienveillants la prévenaient de perquisitions imminentes, ce qui lui permettait de prendre les précautions nécessaires. Elle a caché, entre autres, Colette Ach, 19 ans, une jeune juive strasbourgeoise, réfugiée avec sa famille à Thonon (Haute-Savoie). Compromise dans l’organisation de passages clandestins en Suisse dès la fin de l’occupation italienne, elle dut fuir la ville quand son nom fut révélé aux autorités. Une assistante sociale de l’OSE lui donna l’adresse d’Evangelina où elle trouva refuge. Son jeune frère Georges, 12 ans, vint l’y rejoindre. Evangelina fit aussi admettre leur grand frère Léopold, 17 ans, au lycée Champollion de Grenoble jusqu’à sa fermeture, par suite des dégâts causés à l’établissement par une explosion. Colette et ses frères partirent alors retrouver leurs parents cachés dans un petit village de Saône-et-Loire. Tous les mercredis soirs, Evangélina réunissait ses pensionnaires pour chanter des cantiques mais n’a jamais tenté de faire du prosélytisme. Les arrestations et les rafles se multipliaient dans son entourage alors que ses protégés en étaient épargnés. Elle attribuait ce fait à la protection divine, disant « L’ange de l’Eternel campe autour de ceux qui le craignent » (Psaumes 34-8).        

Le 15 janvier 2001, Yad Vashem - Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Evangelina Pean-Pages le titre de Juste parmi les Nations.

 

plaque commémorative