Reyne Marie-France

Année de nomination : 2001      Dossier n° 9201 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Marie-France Reyne (née Manson)
Date de naissance : 19/07/1889
Date de décès : 11/04/1981
Profession : Couturière
Particularité : Veuve, protestante, résistante

Localisation

Localite : La Sône
Département : Isère
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 6 juin 2002
Lieu : Hôtel de ville Paris ()

Personnes sauvées

Mme Annie Levi (née Hirshfeld)

Mme Suzanna Reyne (née Czermak)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Marie Reyne avait perdu son mari en 1943. De religion protestante, elle habitait La Sône (Isère) et était sans enfants. Par l’intermédiaire du pasteur Charles Westphal*, elle accepta d’héberger et de cacher plusieurs jeunes filles juives sous la responsabilité de l’OSE. Le 17 juillet 1943, une assistante sociale de Grenoble convoya chez Marie une petite juive de 9 ans, Suzanne Czermak, qui avait été maltraitée par une famille d’accueil précédente et dont la santé s’était gravement détériorée. Quand elle la recueillit, Suzanne avait les cheveux rasés, la tête couverte d’eczéma, ses dents n’avaient pas encore repoussé et sa croissance avait été entravée. Elle était très affectée par le sort tragique de ses parents, réfugiés de Belgique : son père, parti visiter sa famille en Pologne en 1939, avait disparu depuis ; sa mère, gravement malade et hospitalisée, était morte en mai 1943. Elle en avait été séparée en 1942 et fut ballotée d’un lieu à l’autre. Toutefois, avec une grande tendresse et quelques mois de soins intensifs, Marie réussit à la reconforter et à rétablir sa santé, conseillée par un médecin de la Résistance, le Dr. Carrier, abattu plus tard par la Gestapo. L’enfant reprit une scolarité régulière, après avoir été munie de faux papiers fournis par la municipalité au nom de Suzette Reyne. Marie offrit le gîte à d’autres jeunes juives. Annie Hirschfeld l’appelait « Maman Reyne », et est restée en rapports avec elle jusqu’à ce jour. Marie s’attacha plus particulièrement à Suzanne et devint peu à peu sa mère adoptive. L’adoption officielle fut légalisée après la guerre. Ces liens profonds furent en plus scellés par l’alliance entre Suzanne et le neveu de Marie qui se marièrent en janvier 1953. Elles avaient tout fait l’une et l’autre pour empêcher que la famille de Suzanne ne leur imposât, après la guerre, une nouvelle séparation. 

Le 18 janvier 2001, Yad Vashem a décerné à Marie Reyne le titre de Juste parmi les Nations.