Jézéquel Roger

Jézéquel Jules

Jézéquel Inès-Suzanne

Année de nomination : 2001      Dossier n° 9239 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Roger Jézéquel
Date de naissance : 25/03/1898
Date de décès : 01/03/1948
Profession : Ecrivain
Particularité : Information non disponible

M. Jules Jézéquel
Date de naissance : 19/12/1870
Profession : Pasteur protestant
Particularité : Information non disponible

Mme Inès-Suzanne Jézéquel (née Leenhardt)
Date de naissance : 14/09/1907
Date de décès : 08/04/1995
Profession : Agricultrice
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Rontignon
Département : Pyrénées-Atlantiques
Région : Aquitaine
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 9 octobre 2003
Lieu : Mairie du IVième arrondissement de Paris ()

Personnes sauvées

Mme Dorothée Blanck

Mme Fanny Blanck

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Roger et Inès Jézéquel vivaient avec leurs quatre enfants dans une propriété isolée de 25 hectares, «La Chartreuse», à Rontignon (Pyrénées-Atlantiques). Roger était pasteur et écrivain alors qu’Inès, fille d’universitaire, gérait la propriété agricole. Jules Jézéquel, le père de Roger, avait pris sa retraite, et, après la mort de sa femme, rejoint la propriété ainsi qu’une grand’tante. Jules Jézéquel était aussi pasteur et une grande figure de l’Eglise Réformée de France d’entre les deux guerres. Appelé «le pasteur rouge», il avait été l’animateur de luttes paysannes et le défenseur d’ouvriers en grève. Il avait milité pour un christianisme social et pour la paix dans le monde dans le cadre de l’organisation internationale Le Rassemblement Universel pour la Paix. Il s’était aussi engagé très tôt dans le combat en faveur des républicains espagnols. En 1938, les Jézéquel accueillirent Fanny Blanck et sa fille Dorothée, de 6 ans. Fanny, juive polonaise, avait milité au sein du parti communiste allemand et subi plusieurs années de prison, dès la prise du pouvoir par Hitler en 1933. Dorothée, née en prison en 1934, fut confiée à un orphelinat en Suisse jusqu’à la libération de sa mère qui la récupéra et se réfugia chez les Jézéquel. Elle contribuait à sa subsistance en aidant aux travaux domestiques. Les Jézéquel accueillirent aussi une famille d’anciens des Brigades Internationales qui prirent la ferme en mains. Des réfractaires du STO s’y ajoutèrent mais le flux de réfugiés juifs en quête d’un refuge ne cessa qu’à la Libération. Inès gérait la propriété en autarcie et produisait toute la nourriture nécessaire pour la petite communauté. Les voisins connaissaient la présence des Juifs mais se taisaient. Par contre, un soir un gendarme vint prévenir Jules que son nom avait été signalé au cours d’un interrogatoire. Il dut aller se cacher à Toulouse pendant trois mois. Quand une patrouille allemande approchait, tout le monde se dispersait. Plus d’une douzaine de Juifs pourchassés durent leur vie à la générosité et au courage des Jézéquel. Fanny et Dorothée ont maintenu avec eux des liens durables et éprouvèrent une immense reconnaissance à leur égard.           

Le 4 mars 2001, Yad Vashem a décerné à Roger et Inès Jézéquel et à Jules Jézéquel le titre de Juste des Nations.