Uthurriage Marie

Année de nomination : 2001      Dossier n° 9296 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Marie Uthurriage
Date de naissance : 25/07/1913
Profession : S?ur Saint Jean, directrice de la maison d'enfants "giatxou"
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Jatxou
Département : Pyrénées-Atlantiques
Région : Aquitaine
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 11 décembre 2001
Lieu : Maison de retraite Sainte Elisabeth à Cambo-les-Bains ()

Personnes sauvées

M. René Lévy

M. Lucien Lévy

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Marie Uthurriague (Sœur Saint-Jean) dirigeait l’orphelinat catholique Notre-Dame à Jatxou (Pyrénées-Atlantiques). En janvier 1944, Sœur Saint-Jean accueillit dans son établissement deux garçonnets juifs, René et Lucien Lévy, 10 et 9 ans, confiés par le Secours National. Seule à connaître leur vrai nom qui n’apparaît pas sur les registres de l’établissement, elle les prit sous sa protection et sut leur insuffler confiance et réconfort. Jusqu’à leur admission à Notre-Dame, les deux garçons avaient vécu des expériences douloureuses. Réfugiés avec leurs parents de Bayonne à Urt au pays basque, ils y furent dénoncés et arrêtés. Internés au camp de Mérignac du 18 septembre au 29 décembre 1943, ils furent ensuite déportés à Drancy où ils séjournérent jusqu’au 12 janvier 1944. Leur mère étant très malade, le médecin du camp, Dr. Bernard Dreyfus, réussit à obtenir sa libération et celle de ses deux garçons, ayant produit « une preuve » qu’elle n’était pas juive. Ils repartirent à Bayonne et à la recherche d’un abri sûr, la mère décida de se séparer de ses enfants, placés dans l’institution catholique de Jatxou. Les deux garçons restèrent à Notre-Dame sous la protection de Sœur Saint-Jean jusqu’en mai 1944. Ils fréquentaient l’école du village et servaient la messe comme enfants de chœur. Pour plus de sécurité en raison de la présence d’une garnison allemande dans le village, les deux garçons furent ensuite transférés à Pau dans une autre institution religieuse, le Joyeux Béarn, où ils furent admis à condition d’être bâptisés. Ils y restèrent jusqu’en décembre 1944. Leur père ayant survécu à la déportation, ils rejoignirent leur famille après la fin de la guerre. Le souvenir de Sœur Saint-Jean est resté dans leur mémoire de ces années sombres une source de réconfort et de courage.       

Le 4 avril 2001, Yad Vashem a décerné à Marie Uthurriague (Sœur Saint-Jean) le titre de Juste des Nations.

 

Soeur Saint Jean UTHURRIAGE 1943 René et son petit-frère Lucien