Muron Jacques

Muron Antonia

Année de nomination : 2001      Dossier n° 9589 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Jacques Muron
Date de naissance : 01/09/1887
Date de décès : 27/02/1973
Profession : Exploitant agricole
Particularité : Information non disponible

Mme Antonia Muron (née Gris)
Date de naissance : 30/10/1887
Date de décès : 28/08/1965
Profession : Exploitant agricole
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Montbrison
Département : Loire
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 26 octobre 2003
Lieu : Lycée agricole de Précieux (42600)

Personnes sauvées

M. Daniel Gameroff

Mme Muriel Gameroff

Mme Pauline Gameroff (née Spitzglous)

Mme Sarah Goutman (née Gameroff)

Lieux de mémoire

Plaque en hommage à Antonia et Jacques Muron
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Jacques, ancien combattant de 1914-1918, et Antonia Muron étaient agriculteurs et exploitaient une petite ferme au hameau de Curaize, à Montbrison (Loire). Ils avaient sept enfants dont trois seulement vivaient avec eux à la ferme. Un huitième était décédé en bas âge. Dès l’automne 1943, Simon Gameroff prit l’habitude de se ravitailler chez eux. Il venait à vélo de Montbrison où sa famille, des Juifs réfugiés de Paris et Strasbourg, s’était installée après maintes périgrinations. En avril 1944, les cousins de Simon furent arrêtés et déportés. Par miracle, les Gameroff échappèrent à l’arrestation mais il fallut trouver un refuge sûr. Affolé, Simon enfourcha son vélo et alla demander à Jacques Muron s’il pouvait cacher quelques membres de sa famille qui avait décidé de se disperser pour éviter d’être arrêtés tous ensemble. Jacques et Antonia comprirent qu’il s’agissait de Juifs en danger et acceptèrent malgré la modestie de leur  logis et les risques sévères. La mère de Simon, sa sœur Sarah et son fils Daniel, 3 ans, furent ainsi hébergés par les Muron, à titre gracieux jusqu’à la Libération. Simon, sa femme Pauline et leur fille Muriel trouvèrent refuge à Luré, dans le voisinage, où le curé du village les recommanda à un avocat à la retraite qui leur procura la chambre de son cocher. Mais Pauline et Muriel venaient souvent à Curaize rejoindre le reste de la famille alors que Simon travaillait dans les fermes des alentours. Après le débarquement allié, elles aussi vinrent s’installer chez les Muron. Pendant leur séjour, des gendarmes vinrent les avertir des risques qu’ils prenaient à héberger des Juifs. Jacques leur répondit : « Vous croyez me faire peur ? J’ai été enterré vivant à Verdun ! Ce sont des Français ! Tenez, buvez un verre et fichez-nous la paix ! ». Sarah et Pauline se souviennent de leur immense gentillesse et de leur générosité. Avec leur grand cœur, ils firent de leurs protégés des membres de la famille.            

Le 20 décembre 2001, Yad Vashem-Institut International pour la mémoire de la Shoah a décerné à Jacques et Antonia Muron le titre de Juste parmi les Nations.

 

Jacques et Antonia MURON après la guerre Daniel Gameroff Antonia et Muriel Gameroff en 1947 Pauline & Simon  Gameroff avec leur fils Daniel