Rolland Philomène

Dessaigne Jeanne

Année de nomination : 2002      Dossier n° 9625 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Philomène Rolland
Date de naissance : 18/08/1914
Date de décès : 06/03/1998
Profession : Institutrice
Particularité : Information non disponible

Jeanne Dessaigne
Date de naissance : 20/09/1884
Date de décès : 06/11/1975
Profession : Institutrice
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Allanche
Département : Cantal
Région : Auvergne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 1 juin 2003
Lieu : Hôtel de Ville de Neuilly ()

Personnes sauvées

Mme Corinne Florentin

Mme Colette Soulema (née Florentin)

Mme Jacqueline Uzbelger (née Eskinazi)

Lieux de mémoire

Square des Justes
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Jeanne Dessaigne, enseignante, dirigeait une école-internat pour filles à Allanche (Cantal). Philomène Rolland y était aussi enseignante. Toutes deux appartenaient à l’ordre des Sœurs de Saint-Joseph, vêtues en civil. En novembre 1942, Philomène était de passage à Saint-Flour dans l’un des établissements de l’ordre le jour même où le couple Florentin était venu demander asile pour sa fillette Colette, 11 ans, afin de la mettre à l’abri des rafles. La famille élargie des Florentin, Juifs originaires de Salonique et Turquie, avait fui Paris et s’était installée à Perpignan. Le père de Colette et l’un de ses oncles réussirent à passer clandestinement en Espagne pour rejoindre les forces de la France Libre. Avant son départ, M. Florentin avait voulu assurer la sécurité de sa fille. Sur les conseils d’une voisine qui lui recommanda l’établissement de Saint-Flour, il s’était adressér à la directrice qui malheureusement manquait de place. Celle-ci pensa soudain à Philomène, sur le point de repartir pour Allanche. Elle emmena Colette avec elle sur le champ. Jeanne Dessaigne la reçut chaleureusement et l’intégra à l’internat d’Allanche, refusant tout payement. Colette reçut une fausse identité, fut scolarisée, baptisée, et participa aux offices religieux. En juillet 1943, la mère de Colette se présenta à Allanche, cette fois pour demander asile pour elle-même et sa nièce, Jacqueline, 10 ans, dont le père avait été arrêté à la frontière espagnole, voulant suivre les traces de ses beaux-frères. Il fut déporté à Auschwitz où il périt. Jeanne Dessaigne les hébergea toutes les trois dans une chambre de l’internat jusqu’à la Libération. Jacqueline fut scolarisée et bâptisée à son tour. Les deux fillettes y séjournèrent aussi durant l’année scolaire de 1944-45, sous la protection des Sœurs, seules à connaître leur identité. Des liens solides se tissèrent entre elles qui perdurèrent jusqu’au décès de ces dernières.                

Le 6 février 2002, Yad Vashem a décerné à Jeanne Dessaigne (Sœur Marie-Angèle) et à Philomène Rolland (Sœur Marie-Etienne) le titre de Juste des Nations.

 

Le témoignage

En 1940 après la débâcle, Isaac, Corinne FLORENTIN et leur petite fille Colette quittent le premier arrondissement de Paris pour Perpignan où Mathilde, la soeur d'Isaac Florentin et leur mère, résidaient.

Très vite ils sont rejoints par la famille de Corinne Florentin.

En novembre 1942, devant l'intensification des persécutions, Isaac Florentin cherche à mettre sa fille Colette en sécurité. Sur les conseils de Mademoiselle Dejean, une voisine et de Madame Rolland, directrice d'école, Colette est présentée à soeur Marie Etienne. Celle-ci accepte de prendre la jeune pensionnaire dans la petite école d'Allanche dont elle s'occupe sous l'autorité de soeur Marie Angèle, alors mademoiselle DESSAIGNE.

Ces deux femmes veillent sur Corinne en refusant toute aide financière pour leur action.

Mais au-delà de la sécurité physique et matérielle, soeurs Marie-Angèle et soeur Marie-Etienne entourent également la petite Colette d'affection et de sollicitude.

En juillet 1943, la mère de Colette accompagne à son tour, sa nièce Jacqueline Eskinazi à Allanche. Recherchée par la Gestapo à Perpignan, Corinne Florentin reste aussi sous la protection des deux religieuses.

Elle ne quittera l'école qu'en 1944, tandis que les jeunes pensionnaires y resteront jusqu'en 1945, une fois que les hommes de la famille sont peu à peu rentrés à Perpignan, à l'image d' Isaac Florentin démobilisé à Alger en janvier 1945.

Malheureusement alors qu'il passait en Espagne, le père de Jacqueline, Samy Eskinazi fut arrêté par les Allemands et déporté en avril, tandis que Mathilde Florentin qui prenait de grands risques pour faire passer des hommes, fut déportée en novembre en compagnie de sa mère.

Depuis la libération, Colette et Jacqueline ont gardé des relations chaleureuses avec leurs deux protectrices. 

 

A gauche Soeur Marie-Etienne et à droite Soeur Marie-Angèle Allanche (Cantal) Colette et Jacqueline en 1943 à Allanche Colette et Jacqueline en 1945 à Allanche Photo de famille le 2 mars 1997 Soeur Marie-Angèle (DESSAIGNE) Soeur Marie-Etienne (ROLLAND)