Bochereau Henriette

Launay Henriette

Année de nomination : 2002      Dossier n° 9675 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Henriette Bochereau (née Launay)
Date de naissance : 09/03/1919
Profession : Ouvrière
Particularité : Information non disponible

Mme Henriette Launay
Date de naissance :
Profession : Maroquinière
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Saint-André-de-la-Marche
Département : Maine-et-Loire
Région : Pays-de-La-Loire
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 12 mars 2003
Lieu : Mairie du 16ème arrondissement (75016)

Personnes sauvées

Mme Mireille Frydman (née Prymak)

Mme Edith Muflarz (née Frydman)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Henriette Launay & sa fille Henriette Bochereau Henriette Launay (aujourd’hui épouse Bochereau), 19 ans, travaillait dans une tannerie et vivait avec sa mère du même nom, à Saint-André-de-La Marche (Maine-et-Loire). En 1940, au moment de l’exode, le maire de cette commune avait sollicité les habitants afin de loger les nombreux réfugiés qui avaient fui devant l’avance des armées allemandes. Henriette et sa mère avaient alors accepté d’héberger une jeune femme et son bébé de quelques mois. Il s’agissait de Mireille Prymak, juive immigrée de Pologne en 1933, et de sa fille Edith. Mireille repartit reprendre son travail à Paris après quelques semaines mais laissa Edith aux bons soins des deux Henriette qui firent œuvre de nourrices pendant un an. Après cette période, Mireille vint  chercher sa fille pour la ramener à Paris mais la tournure dramatique des mesures anti-juives l’obligea à la confier à nouveaux aux deux nourrices pour la mettre en sécurité. En effet, en juillet 1942 son père fut arrêté et déporté à Auschwitz où il périt. Le voyage étant trop dangereux pour Mireille, la jeune Henriette prit le risque de se déplacer à Paris pour ramener Edith à Saint-André où elle séjourna jusqu’à la fin de la guerre. Elle fut choyée par les deux femmes qui la considéraient comme l’enfant de la famille, prenant de grands risques puisque les voisins savaient qu’elle était juive et que les Allemands stationnaient dans le village. Comme Mireille était seule à Paris, sans famille et sans ressources, la mère et la fille lui faisaient parvenir des colis de nourriture, plus facile à acquérir à la campagne. Mireille, confectionneuse, les remerciait en leur faisant un peu de couture. La famille Launay a aussi aidé une tante d’Edith à se cacher à Saint-André. Edith a gardé le souvenir d’une enfance heureuse sans séquelles traumatisantes grâce à l’amour et l’affection d’Henriette Launay et sa fille qui la sauvèrent, elle et sa mère qui n’aurait put survivre et travailler avec une enfant à sa charge.        

Le 28 avril 2002, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Henriette Bochereau et à sa mère Henriette Launay le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

En septembre 39, Madame Prymak et sa petite fille âgée d'à peine deux mois, quittent Paris pour le Maine et Loire.

Arrivées à St André de la Marche, elles sont, à leur descente du car, spontanément remarquées par Henriette Launay, aujourd'hui Madame Bochereau.

Cette jeune femme les emmène chez sa propre mère, Madame Launay, oùmère et fille demeureront 6 semaines.

Tandis que Madame Prymark regagne Paris, la petite Edith reste d'abord plus d'un an chez les Launay. Mais en juillet 42, après l'arrestation du père d'Edith , Madame Prymark décide de renvoyer Edith à Saint-André.

Mademoiselle Launay fait elle-même le voyage jusqu'à Paris pour venir la chercher. Celle-ci est restée dans la famille Launay jusqu'à la fin de la guerre, gracieusement et malgré les risques. Elle a été choyée et aimée.

Ainsi la générosité et le courage de Mademoiselle Launay, épouse Bochereau, ont sauvé Edith aujourd'hui épouse Murflaz, mais ont aussi, en lui permettant de se cacher plus facilement, aidé sa mère a survivre.

Il n'était pas rare que les Launay, pourtant modestes, envoient des colis de vivre à Madame Prymark, restée à Paris.