Andrivon Stéphane

Andrivon Louise

Année de nomination : 2002      Dossier n° 9728 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Stéphane Andrivon
Date de naissance : 07/03/1897
Date de décès : 03/06/1962
Profession : Cheminot, SNCF mécanicien sur locomotive
Particularité : Catholique

Mme Louise Andrivon (née Lamoine)
Date de naissance : 01/03/1896
Date de décès : 29/05/1983
Profession : Employée de bureau
Particularité : Catholique

Localisation

Localite : Montluçon
Département : Allier
Région : Auvergne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 12 mars 2003
Lieu : Salons d'Honneur de la Mairie du XVIeme arrondissement de Paris ()

Personnes sauvées

Mme Suzanne Goldgewicht (née Lancner)

M. Bernard Lancner

M. Maurice Lancner

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Louise Andrivon   Stéphane Andrivon Louise et Stéphane Andrivon résidaient à Montluçon (Allier). Employé de la SNCF, il était mécanicien de locomotive. Le couple, issu d’une famille catholique d’origine paysanne, élevait ses quatre enfants dans la tradition des valeurs républicaines et du respect des droits de l’Homme. Sa fille aînée, Madeleine, 20 ans, travaillait à la Sagem où elle avait rencontré Bernard Lancner qui devint son fiancé. Son régiment, sous les ordres du général de Lattre de Tassigny dont il était le secrétaire, s’était replié à Montluçon et après sa démobilisation, il avait aussi trouvé un emploi à la Sagem. Lui et sa famille restée à Paris étaient d’origine juive et avec l’aggravation des mesures anti-juives, il chercha à les faire venir en zone sud à Montluçon. Il fit d’abord venir son jeune frère Maurice qui trouva un emploi aux usines Dunlop. Par la suite, Stéphane Andrivon se dévoua pour faire venir Suzanne, la sœur de Bernard. En service sur Paris, il vint la chercher, lui donna une blouse grise d’employée de la SNCF, des papiers au nom de Lemoine et la ramena à Montluçon dans son tender. En 1944, les parents Lancner échappèrent de justesse à l’arrestation, grâce à l’intervention de leur concierge. Les gendarmes mirent les scellés sur leur appartement mais ils trouvèrent refuge dans une chambre de bonne au dernier étage de leur immeuble. Prévenus du drame, Louise et Stéphane se déplacèrent tous les deux pour les rechercher à Paris. Ils les munirent de faux papiers et firent le voyage en train jusqu’à Montluçon avec eux. Ils les hébergèrent pendant quelques jours chez eux et ensuite leur trouvèrent une maison inhabitée à Benzy (Cher) qui appartenait à des connaissances. Suzanne et ses parents y restèrent jusqu’à la Libération et furent sauvés grâce au courage des Andrivon. L’alliance des deux familles fut scellée par le mariage de Bernard et Madeleine.           

Le 30 mai 2002, Yad Vashem a décerné à Louise et Stéphane Andrivon le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

Avant la guerre, la famille Lancner, les parents et trois enfants, dont le témoin Suzanne (née en 25) résident à Paris.
Au début de la guerre, le frère aîné Bernard, suite à sa démobilisation, se retrouve à Montluçon où il trouve un emploi à la SAGEM. Il fait connaissance de Madeleine Andrivon avec qui il se fiance.
Le père de Madeleine est cheminot et profondément républicain. Il profite de son activité professionnelle pour sauver des gens. C'est ainsi qu'il vient chercher pour l'emmener à Montluçon la soeur de Bernard avec qui il fait le voyage en bleu de travail. Puis avec sa femme, il vient chercher les parents de Bernard, dénoncés et prévenus de justesse grâce à la gardienne de l'immeuble, leur procure des faux-papiers, les ramène à Montluçon avant de leur trouver un refuge dans le Cher dans une maison dont ils connaissaient les propriétaires. La famille Lancner y est restée jusqu'à la libération.
Bernard et Madeleine ont eu deux filles qui se sont mariées avec des juifs.