Retrut Germaine

Defaisse Lucienne

Année de nomination : 2002      Dossier n° 9791 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Germaine Retrut
Date de naissance : 14/03/1904
Date de décès : 09/12/2000
Profession : Hôtelière
Particularité : Information non disponible

Mme Lucienne Defaisse
Date de naissance : 14/05/1898
Date de décès : 06/11/1973
Profession : Hôtelière
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Clermont-Ferrand
Département : Puy-de-Dôme
Région : Auvergne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 28 octobre 2004
Lieu : Salle des Fêtes de la Mairie du XXième 75020 ()

Personnes sauvées

Mme Alice Etienne (née Yzaaks)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Germaine Retrut   Lucienne DEFAISSE Germaine Retrut était propriétaire de l’Hôtel de la Poste à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et y exploitait aussi un restaurant. Elle avait un fils unique de l’âge du STO. Lucienne Defaisse, célibataire de 45 ans, dirigeait l’hôtel. Avant-guerre, les deux femmes avaient connu Flora Izäaks dite Floret, artiste chorégraphe, cliente de l’hôtel lorsqu’elle était engagée par le théâtre municipal. Juive d’origine hollandaise, Flora se réfugia à Clermond-Ferrand avec sa fille Alice, en 1939. La mère put reprendre pour un temps ses activités professionnelles et elles survécurent aux rafles jusqu’en 1943. Le 26 juin 1943, suite à l’assassinat de deux policiers allemands par la Résistance, les autorités allemandes procédèrent à une rafle qui fit 38 victimes parmi les Juifs de la ville. Flora était l’une d’elles. Elle fut déportée et mise à mort dans l’Est. Les policiers qui s’étaient présentés au petit matin à leur domicile familial avaient embarqué la mère, laissant Alice alors âgée de 16 ans livrée à elle-même. Elle frappa de porte en porte pour trouver du secours, mais refoulée, elle retourna à l’appartement, exposée au danger d’une récidive policière qui eut lieu après son départ. Ce fut Lucienne Defaisse, mise au courant du drame, qui vint la chercher et la ramena à l’hôtel avec l’accord de Germaine. Elles la munirent de faux papiers et l’employèrent comme membre du personnel de l’hôtel et du restaurant, logée et nourrie par ses deux bienfaitrices jusqu’en 1945. Quand des rumeurs de rafles circulaient, elles cachaient Alice au grenier jusqu’à la dissipation du danger. Comme l’hôtel accueillait un grand nombre d’inconnus, la jeune fille put se fondre dans la masse des clients sans éveiller les soupçons. Expliquant les raisons pour laquelle sa mère avait pris tant de risques pour sauver une Juive en danger, le fils de Germaine dit : « l’amour des enfants et sa foi catholique ».     

Le 1er août 2002, l'institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Germaine Retrut et Lucienne Defaisse le titre de Juste des Nations.

 

Le témoignage

En 1939, Alice YZAAKS et sa mère quittent Paris pour se réfugier à Clermont-Ferrand, ville que Madame Yzaaks connaissait pour y avoir travaillé en tant qu'artiste. En juin 1943, deux policiers allemands sont abattus, en représailles, le 26 juin au matin, 38 juifs sont arrêtés, dont la mère d'Alice, puis envoyés à Drancy et à Auschwitz . Alice est présente et veut suivre sa mère. Les policiers refusent, mais elle apprendra qu'ils sont revenus 48 heures plus tard. Entre-temps, Alice, 16 ans, erre dans la ville, sous les bombardements avec son petit chien sans trouver d'aide auprès de ses voisins, ni auprès du Président de la Croix -Rouge Française.En désespoir de cause, elle retourne chez elle, où madame Lucienne DEFAISSE, une connaissance de sa mère , vient à son secours. Elle la prend sous sa protection et l'emmène chez madame Germaine RETRUT qui exploite un hôtel. Là, elle est accueillie, on lui procure des faux papiers, elle est cachée lors des descentes de police ou de la Gestapo à la recherche de résistants.

De juin 1943 au 13 juillet 1945, elle est hébergée, nourrie gratuitement et entourée d'affection. Rien n'obligeait ni Madame Defaisse, ni Madame Retrut à prendre de tels risques, elles l'ont fait par générosité et par simple humanité.

C'est Madame Michèle Charny, petite nièce de madame Defaisse qui recevra la médaille des Justes en hommage à sa tante. Monsieur Terneyre recevra la médaille des Justes en mémoire de sa mère, Madame Retrut .