Glasberg Alexandre

Année de nomination : 2003      Dossier n° 9792 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Abbé Alexandre Glasberg
Date de naissance : 17/03/1902
Date de décès : 22/03/1981
Profession : Abbé, Prêtre catholique
Particularité : Juif français converti au catholicisme, Résistant

Localisation

Localite : Lyon
Département : Rhône
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 5 mai 2004
Lieu : Au Musée de la Civilisaion Gallo-Romaine 69005 Lyon et cérémonie le 12 janvier 2004 à Yad Vashem Israël ()

L'histoire

Les deux frères Alexandre et Vila Glasberg naquirent dans une famille juive de Jitomir (Ukraine), convertie au catholicisme. Ils émigrèrent en France en 1931 et se consacrèrent dès lors au sort des réfugiés et des exclus de tous bords. Ordonné prêtre en 1938, l’Abbé Alexandre Glasberg fut nommé vicaire de la paroisse Saint-Alban, dans un quartier déshérité de Lyon. Parlant le yiddisch, friand de carpe farcie à la juive  et connaisseur de la tradition juive, il mit, sous l’Occupation, ses relations avec l’Eglise au service du sauvetage des Juifs. Nommé délégué du cardinal Gerlier*, evêque de Lyon et primat des Gaules, au « Comité d’aide aux réfugiés », il fonda par la suite la DCA : « Direction des Centres d’Accueil ». Aidé d’une équipe de l’OSE et de l’Amitié Chrétienne dont il fut l’un des iniateurs, il obtint la mise en libération provisoire d’internés des camps et se chargea, dès 1941, de leur accueil dans cinq centres situés chacuns à La Roche-d’Ajoux (Rhône), à Rosans (Hautes-Alpes), dans la Drôme et le Cantal. Vila Glasberg, dit Victor Vermont, nom de clandestinité francisé, prit la direction du centre d’accueil installé au château du Bégué, à Cazaubon (Gers). Patronné par Mgr. Théas*, évêque de Montauban, qui réactiva ses relations avec ses anciens compagnons d’armes de la Guerre de 1914-1918 dont Fernand Sentou*, maire de Cazaubon, et Laurent Talès, curé de Panjas, Vermont y accueillit plus d’une centaine de Juifs et non-Juifs traqués, extraits des camps français. Munis de faux papiers d’identité fournis par Sentou, ils subsistèrent en travaillant au château et dans les fermes avoisinantes. Vermont fut assisté dans sa tâche par les assistantes sociales Nina Gourfinkel, Ninon Hait-Weyl, dite d’Harcourt, et Mlle Schram, ainsi que par Mme d’André, la propriétaire du domaine, qui servait d’hôtesse. Le 26 août 1942, l’Abbé Glasberg organisa l’évasion de 108 enfants juifs du camp de Vénissieux à Lyon et leur dispersion. Recherché par les autorités, il plongea dans la clandestinité. Il devint Elie Corvin, curé du village d’Honor-de-Cos (Tarn-et-Garonne), et poursuivit ses activités de sauvetauge. Mais le 19 août 1943, par suite d’une dénonciation, des policiers vinrent arrêter Vermont à Cazaubon, le prenant pour son frère Alexandre. Il fut déporté et assassiné dans l’Est. L’Abbé Glasberg survécut à la guerre et poursuivit inlassablement son action en faveur des réfugiés et des pauvres. Il fut activement impliqué dans l’immigration illégale d’Europe et d’Irak vers la Palestine et l’épopée du navire  «Exodus». Des centaines de Juifs furent sauvés grâce aux efforts combinés des deux frères Glasberg.      

Le 17 juin 2003, l'institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à l’Abbé Alexandre Glasberg et son frère Vila Glasberg (alias Victor Vermont) le titre de Juste parmi les Nations.  

 

Alexandre GLASBERG