Abadir Alfred

Abadir Suzanne

Année de nomination : 2002      Dossier n° 9811 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Dr Alfred Abadir
Date de naissance :
Date de décès : 09/01/1949
Profession : Médecin généraliste
Particularité : Résistant

Mme Suzanne Abadir (née Zirnhelt)
Date de naissance :
Date de décès : 2003
Profession : Sans profession
Particularité : Résistante

Localisation

Localite : Egriselles-le-Bocage
Département : Yonne
Région : Bourgogne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 22 juin 2004
Lieu : Mairie du IX Paris Salle Rossini ()

Personnes sauvées

M. Claude Avram

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Alfred Abadir Le Dr. Alfred Abadir et sa femme Suzanne, jeune couple sans enfants, habitaient à Egriselles-le-Bocage (Yonne) où il exerça la médecine jusqu’à son décès d’un cancer en 1949. Il était originaire d’Egypte et elle d’Alsace et tous deux prenaient une part active à la Résistance. Le Dr. Abadir soignait les maquisards de son secteur. En février 1944, Suzanne reçut un appel téléphonique d’un ami, le Dr. Bonnecaze de Sens, la priant de le rejoindre d’urgence. Elle enfourcha sa bicyclette et roula jusqu’à Sens où ce dernier l’informa de la menace d’arrestation pesant sur un collègue juif, le Dr. Avram, médecin « à titre provisoire », sa femme et leur fils Claude, 4 ans. Il avait déjà mis les parents à l’abri à l’hôpital de Provins mais il fallait cacher l’enfant. Bouleversée par la situation, Suzanne et son mari ne purent rester indifférents et acceptèrent de garder l’enfant. Elle vint chercher Claude en train et fit les derniers kilomètres jusqu’à sa maison avec le petit fixé sur le porte-bagage de sa bicyclette. Présenté comme un petit réfugié du Nord de la France, l’instituteur, M. Guillot, lui fournit des titres d’alimentation. Un matin, un gendarme se présenta chez les Abadir pour les avertird’une perquisition imminente de leur domicile. Suzanne envoya Claude se cacher dans les bois avec Mariette Infanger, sa fidèle employée de maison, avec l’ordre de ne revenir que lorsqu’elle verrait un chiffon blanc flottant à l’étage supérieur. La Gestapo fit sa descente, confisqua le poste de radio et coupa la ligne  téléphonique, soupçonnant les Abadir de liens avec la Résistance. Heureusement, cette visite n’eut pas de suite. A la Libération Claude rejoignit ses parents. Suzanne eut « beaucoup de peine à s’en séparer tellement elle s’était attachée à lui ». Il avait survécu à la guerre grâce aux Abadir et à un vaste réseau de solidarité, soutenu par la Résistance.        

Le 20 octobre 2002, Yad Vashem a décerné à Alfred Abadir et sa femme Suzanne le titre de Juste parmi les Nations.

 

Alfred et Suzy Abadir