Raveau Jean

Raveau Marie

Année de nomination : 2005      Dossier n° 9915 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Jean Raveau
Date de naissance : 12/08/1887
Date de décès : 05/06/1964
Profession : Maître d'hotel
Particularité : Information non disponible

Mme Marie Raveau (née Bichet)
Date de naissance : 26/10/1891
Date de décès : 07/02/1993
Profession : Couturière
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Varennes-sur-Allier
Département : Allier
Région : Auvergne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 24 novembre 2005
Lieu : Mairie de Verneuil ()

Personnes sauvées

Mme Jacqueline Blumenthal

Mme Marie-Odile Blumenthal

M. Jacques Blumenthal

Mme Mathilde Blumenthal (née Kohn)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

1955, Jean Raveau  Sous l’Occupation, Marie et Jean Raveau avaient pris leur retraite à Varennes-sur-Allier (Allier). Ils avaient travaillé, lui comme maître d’hôtel et elle comme couturière, au foyer de la famille Blumenthal pendant plusieurs décennies. En 1940, M. Blumenthal partit rejoindre les forces de la France Libre à Londres et s’engagea dans l’armée de l’air, avec le grade de colonel. Jacques, leur fils de 22 ans, étudiait à Lyon et ensuite partit lui aussi rejoindre Londres. Mme Blumenthal et ses deux filles, Jacqueline et Marie-Odile, étaient soumises aux lois anti-juives ainsi qu’au port de l’étoile jaune, bien que protestantes mais d’ascendance juive. Menacées par les rafles, elles suivirent les conseils de Jacques et d’un de ses amis, Abel Farnoux (résistant arrêté à son passage de la frontière espagnole et déporté à Buchenwald en 1943) en se réfugiant en zone sud. Jean Novello, résistant lui aussi, leur fit franchir la ligne de démarcation. Le couple Raveau leur offrit l’hébergement et assista activement le maire, M. Collet*, dans son aide aux réfugiés juifs. Il offrit aussi d’héberger les Kohn, cousins des Blumenthal. Mais ceux-ci avaient préféré rester à Paris et furent déportés par le dernier convoi en partance vers Auschwitz et assassinés. Leur fils Philipe et sa sœur, évadés avec un groupe de résistants juifs, ont survécu. Les Raveau avaient pris des risques d’autant plus grands qu’ils savaient que Jacques et son père étaient dans les F.F.L. et que la Milice sévissait gravement contre ceux qui cachaient des Juifs. Ils ont hébergé les Blumenthal jusqu’à la Libération. 

Le 6 juin 2005, l'institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Marie et Jean Raveau le titre de Juste parmi les Nations.

 

En 1957 Mathilde Blumenthal Jean RAVEAU et Marie-Odile Blumenthal en 1940 RAVEAU Hubert, cérémonie le 24 nov 2005

Le témoignage

Jean et Marie RAVEAU, après une vie bien remplie au service de la famille BLUMENTHAL, prennent leur retraite à Varennes sur Allier. Leurs actions pendant la guerre de 39/45 les honorent.

En 1942, le jeune Jacques BLUMENTHAL, poursuivant des études à Lyon, recommande vivement à sa mère, Madame Charles BLUMENTHAL et à ses deux soeurs, Jacqueline et Marie-Odile, de quitter Neuilly pour la zone non occupée. La situation devenant très dangereuse pour les Juifs soumis aux lois anti-juives de Vichy, le chef de famille, Charles BLUMENTHAL, colonel dans l'armée a déjà rejoint le Général de Gaulle en Grande-Bretagne. Jean et Marie RAVEAU ouvrent en grand les portes de leur maison pour y accueillir et abriter Madame BLUMENTHAL et ses filles pendant les années 43 / 44, elles y trouvent dévouement, discrétion et affection.

En zone libre, la milice française recherche les Juifs avec zèle, il faut redoubler de prudence. Avec l'aide du maire de Varennes sur Allier, M. Louis COLLET, Juste parmi les Nations, ils évitent arrestation et déportation à Madame BLUMENTHAL et à ses filles, qui échappent aux miliciens, grâce à leur efficacité et leur courage et au péril de leur vie.

Aujourd'hui, M. Hubert RAVEAU, fils de M. et Madame RAVEAU et filleul de Madame BLUMENTHAL, reçoit des mains de Madame Dina Sorek, Ministre Conseiller à l'Information près l'Ambassade d'Israül en France, la médaille des Justes parmi les Nations, en tant qu'ayant droit de ses parents.

" En honorant ceux qui ont refusé de ses plier à la fatalité de la volonté exterminatrice de l'idéologie nazie, la Médaille des Justes parmi les Nations contribue a rétablir l'histoire dans la vérité ".

Cette phrase est de Simone Veil et explique le rôle singulier et irremplaçable du Comité Yad Vashem dans la transmission de la mémoire des actes héroïques et généreux accomplis par ces Français anonymes, ces Justes qui aidèrent à sauver les trois quarts de la communauté juive de France.