Barnet Marthe

Année de nomination : 2003      Dossier n° 9923 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Marthe Barnet (née Cambou)
Date de naissance : 19/11/1919
Date de décès : 21/11/2018
Profession : Professeur de français
Particularité : Résistante civile (aide aux enfants et familles juives réfugiés)

Localisation

Localite : Murat
Département : Cantal
Région : Auvergne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 22 juin 2004
Lieu : Mairie du 9 éme Salle Rossini ()

Personnes sauvées

Mme Solange Faktor (née Leuchter)

M. Pierre Schwab

Mme Yvette Wajsbrod

Lieux de mémoire

Square des Justes
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Marthe Barnet Marthe Cambou, épouse Barnet, était une jeune professeur de français au collège/internat de Murat (Cantal). Elle logeait dans le pensionnat. Marthe travailla en étroite collaboration avec Marie Sagnier*, directrice de l’établissement pour filles, et Alice Ferrières*, professeur de mathématiques. Alice, résistante de la première heure elle aussi, Marie et Marthe accueillirent au collège, dès l’année 1943, des jeunes filles d’origine juive envoyées par la branche clandestine des Eclaireurs Israélites de France. L’une de leurs convoyeuses, Franceline Bloch, participa activement à ces opérations de sauvetage. Des garçons, convoyés par Raymond Winter et Marcel Gradwohl qui payèrent leur engagement de leurs vies, benéficièrent aussi de leur protection et furent cachés par elles, munis de faux papiers, chez des familles d’accueil, des fermiers ou dans d’autres institutions aux alentours de Murat. Le père de Marthe était directeur du cours complémentaire pour garçons à Aurillac et accepta sur sa demande d’inscrire Pierre Schwab, un jeune juif de 11 ans, dans son établissement. Marthe se chargea de garder un contact permanent avec les enfants cachés, de les visiter pendant ses jours de congés, n’hésitant pas à faire de longs trajets afin de les réconforter. Elle prodigua son affection à plus d’une dizaine de protégées qui se souviennent de ses promenades, de ses goûters agrémentés de gâteries et des anniversaires avec cadeaux qu’elle n’oubliait jamais. Durant les dûrs combats de la Libération qui se déroulèrent dans la ville, elle cacha dans la cheminée de sa chambre le journal de bord d’Alice Ferrières ainsi que de nombreux documents, ce qui lui causa une grande frayeur car les Allemands avaient investi le bâtiment où elle logeait et avaient posté un soldat armé à chaque étage. Six de ses anciens protégés ont témoigné de son action et de la grande reconnaissance qu’ils lui vouèrent.          

Le 3 février 2003, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Marthe Barnet-Cambou le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

Dès la parution du statut contre les Juifs, Mme Cambou-Barnet, alors âgée de 21 ans, jeune professeur de français au lycée de Murat en 1941, décide avec quelques unes de ses collègues de prendre contact avec les rabbins de Nîmes, Montpellier, Clermont-Ferrand et d'autres organisations, les A.I., afin de se mettre à leur disposition pour accueillir les familles juives.
Avec Alice Ferrières, sa collègue et Mme Sagnien, directrice du lycée, elle s'engage à sauver, héberger des enfants ou des familles en danger, de leur trouver des sites d'hébergement dans les fermes aux alentours et de leur faire attribuer des noms d'emprunt.
Elle se charge ensuite de garder un contact permanent avec les enfants, de les visiter pendant ses jours de congés, n'hésitant pas au péril de sa vie à faire de longs trajets afin de leur apporter, avec générosité, réconfort et douceurs, répondant à leur angoisse par des paroles d'espoir.

 

Marthe Barnet