Vaur Henriette

Année de nomination : 2003      Dossier n° 9929 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Henriette Vaur (née Figeac)
Date de naissance : 26/04/1919
Date de décès : 2010
Profession : Employée d'imprimerie
Particularité : Résistante

Localisation

Localite : Cadours
Département : Haute-Garonne
Région : Midi-Pyrénées
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 14 décembre 2003
Lieu : Au Zenith de Toulouse ()

Personnes sauvées

Mme Suzanne Steinkretzer

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Henriette VAUR en 1944 à Cadours Henriette Vaur, employée dans une imprimerie de Toulouse (Haute-Garonne), était originaire de Cadours où résidait sa famille. Jeune mariée, sans enfants, son mari était prisonnier de guerre en Allemagne. Une des employées de l’imprimerie dont seul le prénom Gitla est resté dans sa mémoire, juive d’origine lituanienne, lui demanda au début de l’année 1943 de cacher une petite juive. Gitla appartenait à la 35ième Brigade, le réseau de résistance communiste fondé par Marcel Langer et qui prit son nom après son exécution. Elle convint avec Henriette d’un lieu de rendez-vous au petit café de Toulouse «Le Tonneau». Quand Henriette commanda « un café sans saccharine » qui était le mot de passe, une tierce personne se présenta et lui confia Suzanne Steinkretzer, 3 ans, qu’elle emmena vivre avec elle chez sa mère à Cadours. Pour Henriette, Suzanne devint « sa petite fille adoptive chérie ». Elle promettait de l’adopter dans le cas où personne ne reviendrait la chercher, son père étant lui aussi prisonnier de guerre et sa mère ayant plongé dans la clandestinité. Comme Suzanne ne parlait que le yiddisch, Henriette lui enseigna le français. Elle lui sauva la vie une seconde fois, quand l’enfant fut atteinte de la rougeole et qu’elle réussit à lui procurer le médicament prescrit grâce à ses relations avec la Résistance. Henriette cacha aussi plusieurs autres enfants juifs, sous des noms d’emprunt et pendant des périodes réduites. Seule Suzanne resta sous sa garde durant deux ans jusqu’à la Libération, quand ses parents vinrent la rechercher. La séparation fut très douloureuse des deux côtés. Après-guerre, Henriette fut décorée de la Médaille de la Résistance car, sans le savoir, elle avait aussi sauvé la vie de la fille du Capitaine Philippe, un des chefs de la 35ième Brigade tué au cours des combats de la Libération. Suzanne a toujours voué à Henriette un grand amour et une vive reconnaissance.    

Le 3 février 2003, Yad Vashem a décerné à Henriette Vaur le titre de Juste des Nations.