Bagaradès Jeanne

Année de nomination : 2003      Dossier n° 9934A -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Jeanne Bagaradès
Date de naissance : 05/10/1910
Date de décès : 07/08/1988
Profession : Religieuse
Particularité : Catholique

Localisation

Localite : Valence-d'Albigeois
Département : Tarn
Région : Midi-Pyrénées
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 15 décembre 2003
Lieu : Au couvent de Valence d'Albigeois (81340)

Personnes sauvées

Mme Odette Kouchniroff (née Dawny)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Soeur Jeanne Bagarades Jeanne Bagarades (Sœur Marie-Paule) était enseignante au couvent du Sacré Cœur à Valence d’Albigeois (Tarn). En 1943, elle prit sous sa protection Odette Dawny, 8 ans, une fillette juive fuyant la déportation. Ses parents, Juifs étrangers, et son frère Pierre, 5 ans, menacés par les rafles, s’étaient réfugiés de Paris à Tanus (Tarn) en juillet 1942. Ils y avaient rejoint Henri Steiner, 20 ans, un cousin et neveu autrichien employé comme domestique de ferme chez des agriculteurs, les Douzals. Avec l’appui du maire, les Douzals les aidèrent à s’installer. Leur vie reprit un cours presque normal en dépit de l’arrestation d’Henri, « leur bouée de sauvetage », par la police française en août 1942. Les Dawny ne furent pas inquiétés jusqu’en 1943 et inscrivirent Odette à l’école religieuse de Tanus où Sœur Marie-Régis, son institutrice, se chargea de son éducation. Mais un jour d’août 1943, suite à une dénonciation, des gendarmes vinrent avertir le maire de Tanus de l’arrestation imminente des Dawny le lendemain. Aussitôt, en une nuit, un réseau de solidarité local s’organisa. La famille Dawny fut dispersée : le père d’un côté, la mère de l’autre. Sœur Marie-Régis plaça les enfants: Pierre au Petit Séminaire de Valence d’Albigeois et Odette au couvent du Sacré Cœur, de la même congrégation. La Supérieure la présenta sous le faux nom d’Odette Savy et annonça aux pensionnaires: « Ne lui demandez pas d’où elle vient, elle est timide ». Pour éviter les indiscrétions, Sœur Marie-Paule la fit dormir, en infraction formelle aux règles de l’ordre, dans sa propre chambre et la couvrit de son affection, surtout pendant les vacances scolaires où elle restait seule alors que toutes les autres pensionnaires rentraient chez elles. Sœur Marie-Régis continua à s’inquiéter du sort de sa protégée et servit de messager entre la fillette et ses parents. Odette survécut grâce aux soins généreux de Sœur Marie-Régis et Sœur Marie-Paule et leur voua une immense reconnaisance.   

Le 5 mai 2003, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Jeanne Bagarades (Sœur Marie-Paule) le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

Un jour de l'été 1943, dans la période la plus sombre de l'occupation nazie, elle recueillit sous son aile protectrice une petite fille de 8 ans, Odette Kouchniroff, menacée de mort par la terreur hitlérienne parce qu'elle était née juive. Elle lui offrit le refuge de cette maison de prière et veilla à son bien-être et à son éducation jusqu'à la Libération.

Marie-Paule ainsi que la mère supérieure et toutes les soeurs du couvent partageaient le secret de son action salvatrice.

Le frère d'Odette était caché non loin à la même époque au Petit Séminaire à Valence d'Albigeois et c'est Soeur Marie-Régis, enseignante à l'école religieuse de Tanus, qui établissait la liaison entre les enfants et les parents.