Breton Léon

Breton Charlotte

Année de nomination : 2003      Dossier n° 9996 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Léon Breton
Date de naissance : 03/12/1890
Date de décès : 18/08/1960
Profession : Cultivateur
Particularité : Information non disponible

Mme Charlotte Breton (née Glesener)
Date de naissance : 20/02/1893
Date de décès : 19/04/1986
Profession : Cultivatrice
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Orchaise
Département : Loir-et-Cher
Région : Centre
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 8 mai 2004
Lieu : à la salle polyvalente d'Orchaise ()

Personnes sauvées

M. Alain Bernstein

M. Léon Bernstein

Mme Héliette Bernstein (née Kaploun)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Charlotte breton avec Alain-André Bernstein Charlotte et Léon Breton exploitaient une petite ferme près d’Orchaise (Loir-et-Cher). Elle était issue d’une famille d’ouvriers de la sidérurgie à Longwy. Réfugiée de Lorraine près d’Orléans pendant la Guerre de 1914-1918, elle y soigna des blessés évacués du front. Léon Breton était l’un d’eux. Ils se marièrent et eurent deux filles, Anne-Marie, 20 ans, et Andrée, 15 ans, en 1940. L’aînée résidait à Blois et la cadette travaillait comme aide dans un magasin d’Orchaise. Au début de l’année 1940, Héliette Kaploun, une Juive de Paris réfugiée à Herbault, en état de sa grossesse avancée, se présenta au magasin. Tentant sa chance, elle demanda à Andrée si elle connaissait une nourrice qui pourrait se charger de l’enfant après sa naissance. Andrée l’adressa à sa mère et une sympathie réciproque s’établit aussitôt entre elles. Ainsi Héliette confia-t-elle au couple Breton le petit Alain, dix jours après sa naissance. « Papa Breton » et « Maman Charlotte » l’élevèrent et s’attachèrent à lui comme à un fils. Au moment des rafles en 1942, Héliette, traquée, fut cachée chez la sœur de Charlotte à Paris. Prête au pire, elle anticipa une séparation définitive et confia Alain à la responsabilité du couple. Dans une lettre à Charlotte, elle écrivit : « Je ne sais si j’échapperai moi comme les autres à cet enfer…gardez mon fils près de vous…Je sais que vous et M. Breton le chérissez comme un fils, qu’Anne-Marie et Andrée l’aiment comme leur petit frère ». Quand ses parents ne purent couvrir sa pension, les Breton prirent en charge l’entretien d’Alain sans conditions. Au printemps 1944, ils étaient refugiés à Marseille et menacés d’arrestation. Ils firent alors appel aux Breton qui leur trouvèrent les autorisations nécessaires et un logement à Orchaise où ils restèrent cachés jusqu’à la Libération. Le dévouement des Breton fut d’autant plus grand que les voisins connaissaient l’identité juive d’Alain et que la Kommandantur était basée à une centaine de mètres de leur ferme. Ils gardaient occasionnellement d’autres enfants juifs, et l’histoire d’Alain et des Breton fut celle d’un grand amour réciproquement partagé.           

Le 28 avril 2003, Yad Vashem a décerné à Charlotte et Léon Breton le titre de Juste des Nations.

Le témoignage

Réfugiée à Herbault ( Loir et Cher), Héliette Kaploun recherchait une nourrice pour l'enfant qu'elle attendait de Léon BERNSTEIN . Dans le bourg d'Orchaise, elle rencontre Andrée BRETON qui pense que cela pourrait convenir à sa mère, Charlotte, qui habite au hameau de Touchemoreau, distant d'un kilomètre, hameau à l'écart du modernisme, sans électricité, ni eau courante, avec une route non goudronnée.

Le contact entre les deux femmes s'établit en toute sympathie.

Alain-André Bernstein naît le 8 mars 1940 et 10 jours plus tard est confié à Léon et Charlotte Breton , ceux-ci, petits cultivateurs, subsistaient difficilement.

La famille Breton savait les risques quelle prenait en élevant et en protégeant un petit garçon juif. Elle accueillit également pour de courtes périodes d'autres enfants juifs.

L'enfant, élevé avec amour, était considéré comme le troisième enfant, au même titre que leurs filles Andrée et Anne Marie et pour lui c'était maman Charlotte et papa Breton. En décembre 1942, atteint de diphtérie, il en fut sauvé grâce au dévouement inlassable de toute la famille.
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Au printemps 1944, les parents d'Alain-André, de nouveau menacés, firent l'objet de dénonciation et cherchaient un asile, celui-ci leur fut offert grâce à l'aide de Léon et Charlotte Breton dans une maison en centre bourg d'Orchaise, chez Monsieur et Madame Breton qui n'étaient pas de la même famille, mais tout aussi méritants.

Alain-André Bernstein est resté chez les Breton, à Orchaise, jusqu'à la fin de la première année scolaire 1945-1946.

La famille Breton est restée sa seconde famille, de même qu'il est l'enfant d'adoption de celle ci.