Antibes Avant d'être maire, Pierre Merli fut un Juste parmi les nations

Commémoration. Ce n'était pas à un maire que la plaque était consacrée. Ce n'était pas à un sénateur. C'était d'abord à un homme. Un idéal. Hier matin, en dévoilant la nouvelle plaque de la promenade Pierre-Merli, devant la plage du Ponteil, Antibes voulait rendre hommage à un Juste parmi les nations.

Devant sa veuve et ses enfants, des élus, d'anciens élus, des représentants du monde patriotique ou de la communauté israélite venaient souligner ce que représenta le sénateur-maire d'Antibes : un courage grâce auquel la France, dans les années quarante, ne fut pas que celle de Vichy et de la compromission.

Honorer le Juste

Du politique, les discours ne retinrent que peu de choses. Sinon que, avança le conseiller municipal André Padovani, « son Pirée fut le port d'Antibes [...]. Avec pugnacité, il a transformé un petit port en ouvrage de plaisance qui nous est envié dans toute l'Europe ».

Car le politique était d'abord un homme. Et pas n'importe lequel, rappela Jacques Eloit, président d'honneur du comité français de Yad Vashem, en lisant le portrait de Pierre Merli dans le Dictionnaire des Justes de France. Le rabbin Zemmour précisait encore : « C'était plus que de l'altruisme, c'était plus que de l'humanisme : c'était de la folie d'accomplir des actes aussi nobles et périlleux » à cette époque. Jean Leonetti rajoutait, lui : « Les hommes ne se révèlent pas quand la mer est calme mais quand se lève la tempête ».

Conjurer les démons

S'il fallait cette plaque, sur laquelle son parcours politique ne pouvait évidemment être rayé d'un simple trait de plume, c'est parce que le maire d'Antibes fut, au sens universel de la locution, un grand homme. Parce qu'aussi, soulignait le maire d'aujourd'hui « les démons de l'antisémitisme rampant, de la xénophobie et de l'intolérance sont toujours là ». Depuis hier, la promenade Pierre-Merli rappelle que contre ces démons, des hommes se dresseront toujours pour les combattre.

 

source: http://www.nicematin.com/article/politique/antibes-avant-detre-maire-pierre-merli-fut-un-juste-parmi-les-nations.34162.html du 08/02/2009