Dossier n°12315 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Robert Laplace

Année de nomination : 2012
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession :

Annunciata (Lavetti) Laplace

Année de nomination : 2012
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Nourrice, mère de 4 enfants
    Localisation Ville : Soissons (02200)
    Département : Aisne
    Région : Hauts-de-France

    L'histoire

    En juillet 1942, la famille Ehrenkranz est emportée dans la tourmente de la rafle du Vélodrome d’Hiver, organisée à Paris les 16 et 17 juillet 1942.
    Le 16 juillet 1942, Annunciata Laplace, nourrice et mère de quatre garçons, et son époux Robert, décident d’accueillir chez eux une petite fille juive de six ans, Lisette Ehrenkranz. Durant l’hiver 1943, ils recueillent également son frère Daniel.

    Le lendemain de l’arrestation de Lisette, leur mère, commerçante rue des Cordeliers à Soissons, est arrêtée à son tour. Elle ne reviendra jamais. Leur père est absent : il s’est engagé auprès des Forces alliées.

    Dès lors, l’enfant, appelée Lisette ou « la rouquine », est recueillie au domicile d’Annunciata et Robert Laplace, où vit également la grand-mère Giovana Biasion. Tous catholiques pratiquants, Nono (Robert), Nana (Giovana, la mère d’Annunciata) et Néné (Annunciata) veillent sur elle, au péril de leur vie et de celle de leurs proches, jusqu’au retour de son père après la guerre.

    Pendant ces années sans scolarité, Nana lui apprend à lire, tandis que Jean, le fils d’Annunciata et Robert, lui achète des livres. Grâce à cet accompagnement, Lisette pourra sauter une classe à la Libération, en 1945.
    Chacun rivalise de petites attentions pour cette enfant privée de ses parents : Lisette se souvient que « ses frères », les quatre garçons de la famille Laplace, lui donnaient leur ration de sucre, tandis que les filles tricotaient des vêtements pour sa poupée.

    Annunciata Laplace, née Lavetti, est engagée dans la Résistance et informée des rafles. Il arrive qu’en pleine nuit, Lisette se réveille enveloppée dans une couverture, dans les bras d’Annunciata, partie la cacher en urgence pour échapper aux arrestations.

    Une autre femme juive, Germaine, est également cachée par la famille. Comme Lisette, elle passe ses journées chez les Laplace, mais regagne le soir le domicile de Giovana Biasion.

    À la mort d’Annunciata, Lisette porte le deuil pendant un mois.
    « Je ne l’ai jamais oubliée, elle fait partie de moi », dira-t-elle lors de la cérémonie organisée à Soissons.

    Le 7 avril 2013, Yad Vashem – Institut international pour la mémoire de la Shoah, décerne à Annunciata Laplace, Robert Laplace et Giovanna Maria Biasion le titre de Justes parmi les Nations.

     

    Documents Annexes

    https://france3-regions.franceinfo.fr/hauts-de-france/picardie/aisne/soissons/couple-soissonnais-eleve-au-rang-justes-parmi-nations-230569.html




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