Les Justes
Jean-Baptiste Fabre
Année de nomination : 2026Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Agriculteur
Maria (Cayre) Fabre
Année de nomination : 2026Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Agricultrice
Département : Aveyron
Région : Occitanie
Cérémonies
L'histoire

Jean-Baptiste et Maria Fabre
La famille Waligora était d’origine polonaise. Le père, Nachman, était tailleur. En 1919, la famille avait choisi de s’installer à Paris. En 1940, Suzanne Falk (née Waligora), jeune fille juive, son jeune frère Jean et leur mère se réfugient à Rodez pour fuir Paris et la progression fulgurante de l’armée allemande. Leur père est alors emprisonné. Leur mère loue un appartement rue d’Armagnac, en plein centre-ville, où elle ouvre bientôt un commerce de tissus et de retouches. La vie reprend son cours et, miraculeusement, Nachman parvient à s’évader pour rejoindre sa famille. Suzanne fréquente le lycée et pratique le scoutisme.
Mais cette accalmie est de courte durée. Le 22 avril 1944, à l’aube, la Gestapo frappe à leur porte. Suzanne est seule avec son père ; son jeune frère est déjà à l’école et sa mère est montée à l’étage porter un café à la grand-mère. Les Allemands arrêtent Suzanne et son père, laissant à la mère un message : elle doit se présenter au plus vite à leurs services, sous peine de représailles. Ce jour-là, 36 autres personnes, dont des enfants, sont également arrêtées.
Refusant de se livrer, la mère de Suzanne se précipite à l’école pour récupérer son fils Jean. Grâce à un réseau local de Résistance, elle parvient à le faire cacher jusqu’à la fin de la guerre chez des agriculteurs, Jean-Baptiste et Maria Fabre, au lieu-dit La Vayrie, sur la commune de Rieupeyroux, dans l’Aveyron.
Le couple Fabre a trois enfants, dont Raymond. Celui-ci se souvient qu’un jour, en rentrant de l’école, il découvre chez lui un jeune garçon d’une dizaine d’années, déguisé en fille. Ses parents lui expliquent qu’il s’appelle Jean, qu’il restera quelque temps avec eux et qu’il a perdu ses parents. Les premiers jours, Jean est très craintif : il sait que la Gestapo a arrêté son père et sa sœur.
La Gestapo ne fera finalement aucun mal à Suzanne, mais son père est violemment battu. Père et fille restent enfermés pendant deux semaines à la caserne Burloup, avant d’être transférés à Toulouse, puis au camp de Drancy. Nachman est déporté par le convoi n° 73. Il comptera parmi les quatre survivants de ce convoi de près de 800 personnes.
Suzanne, quant à elle, est déportée le 20 mai 1944 vers Auschwitz-Birkenau par le convoi n° 74, en compagnie de ses amies scoutes. Elle survit aux travaux de terrassement épuisants, à la dysenterie et aux privations, mais conservera toute sa vie de lourdes séquelles.
La famille Waligora a toujours témoigné d’une profonde et indéfectible reconnaissance envers la famille Fabre.
En 2026, Yad Vashem – Institut international pour la Mémoire de la Shoah – a décerné à Jean-Baptiste et Maria Fabre le titre de Juste parmi les Nations.

Au centre : Jean Waligora, personne sauvée (1941/42)

