Dossier n°14595 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Marie-Louise (Dersoir) Bévilis

Année de nomination : 2026
Date de naissance : 22/02/1895
Date de décès : 01/10/1976
Profession : Cultivatrice

Ernest Joseph Bévilis

Année de nomination : 2026
Date de naissance : 10/12/1884
Date de décès : 03/06/1945
Profession : Cultivateur
    Localisation Commune de Pouancé Ville : La Pidaie (49420)
    Département : Maine-et-Loire
    Région : Pays-de-la-Loire

    Cérémonies

      Notes

      La famille Kuszmacher, originaire de Pologne, arrive en France dans les années 1930 et s’installe au 9, rue Jouye-Rouve, dans le 20ᵉ arrondissement de Paris. Szyja Kuszmacher, cordonnier de profession, tient son atelier au rez-de-chaussée de l’immeuble où la famille habite.

      Au début de l’année 1942, la gardienne de l’immeuble dénonce tous les Juifs qui y résident. Chawa Holender, l’épouse de Szyja, trouve refuge avec ses six enfants chez une voisine, tandis que son mari se cache dans une cave pendant trois ou quatre jours. L’humidité du lieu lui provoque une pneumonie dont il meurt le 1er février 1942.

      Restée seule avec ses six enfants et sans ressources, Chawa sollicite l’aide de l’Œuvre de secours aux enfants (O.S.E.). Les enfants sont d’abord placés dans un orphelinat de la rue Copernic, dans le 16ᵉ arrondissement de Paris, le temps qu’une famille d’accueil soit trouvée.

      Rachel, âgée de quatre ans, et son frère Joseph, cinq ans, sont alors confiés à un couple de cultivateurs, Ernest et Marie-Louise Bevelis, qui les cachent de 1942 à 1944 à La Pidaie, un lieu-dit situé sur la commune de Pouancé, au nord d’Angers.

      Cultivateur avant la Première Guerre mondiale, Ernest Bevelis est mobilisé le 2 août 1914. Il participe à de nombreux combats et reçoit la Croix de guerre ainsi que la Médaille militaire. Grièvement blessé, il est amputé du bras gauche et est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1930.

      De retour à La Pidaie, il épouse Marie-Louise Dersoir. Entre les deux guerres, il entre aux PTT comme facteur, tandis que le couple continue de résider à La Pidaie.

      En 1942, leurs fils René et Robert s’engagent au Régiment d’infanterie coloniale du Maroc (RICM). C’est probablement à cette époque que, malgré les risques de dénonciation, d’arrestation et de déportation, Ernest et Marie-Louise Bevelis, contactés par l’O.S.E., acceptent de recueillir et de cacher les deux jeunes enfants juifs, Joseph et Rachel Kuszmacher, pendant près de trois ans.

      À la Libération, les enfants sont ensuite accueillis au château de La Guette, près de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne), propriété de la famille Rothschild. Ils y vivent avec une soixantaine d’autres enfants, tandis que leur mère est autorisée à leur rendre visite une fois par mois.

       

      En 2026, l’Institut international pour la mémoire de la Shoah, Yad Vashem, a décerné à Ernest et Marie-Louise Bevelis le titre de Justes parmi les Nations, en reconnaissance du courage dont ils ont fait preuve en sauvant Joseph et Rachel Kuszmacher au péril de leur propre vie.

       

      Joseph et Rachel Kuszmacher




      Mis à jour il y a 4 semaines.