Dossier n°14609B - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Rose Fagès

Année de nomination : 2026
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Agricultrice
    Localisation Ville : Saint-Germain-de-Calberte (48370)
    Département : Lozère
    Région : Occitanie

    Cérémonies

      L'histoire

       

      Les parents de Natan Jeruzalska arrivent de Pologne en 1929, laissant derrière eux leurs familles restées au pays. Ils se marient à Cherbourg en 1931, puis s’installent d’abord à Paris avant de rejoindre Argenteuil, en région parisienne. Son père, Szime, ouvre un salon de coiffure tandis que son épouse, Jenta, est ménagère. Jenta obtient la nationalité française en 1936, suivie de Szime en 1938. Le couple entretient des liens avec d’autres immigrés polonais grâce à des sociétés de secours mutuel et d’entraide. Leur vie est simple et traditionnelle, profondément marquée par la foi et la culture yiddish, qui imprègnent leur quotidien.

      À la déclaration de la guerre, en 1939, la famille fuit vers le sud-ouest de la France et rejoint Piquecos en train. Natan doit porter une petite valise en bois contenant tous les outils de coiffure de son père. Au cours du voyage, leur convoi est bombardé. Contraints de descendre en urgence, ils se réfugient dans un fossé pour échapper aux explosions. Szime se jette même sur son fils pour le protéger. À Piquecos, ils sont hébergés dans une auberge de jeunesse. Après quelque temps, ils regagnent Argenteuil, où la vie semble reprendre son cours. Szime rouvre son salon de coiffure et Natan fréquente l’école sous sa véritable identité.

      Le 17 mars 1942, pressentant un danger imminent, Szime décide de quitter Argenteuil avec son épouse et leur fils. Après avoir rassemblé quelques effets personnels, ils prennent le train en direction de Châteauroux, puis rejoignent Vernet-les-Bains grâce à un passeur afin d’y retrouver des membres de leur famille.

      En décembre 1942, Szime part travailler comme coiffeur à Antibes. Jenta et Natan gagnent quant à eux Nîmes, puis Le Canatier, un lieu-dit de la commune de Saint-Germain-de-Calberte, où ils sont pris en charge par le pasteur Marc Donadille (reconnu Juste parmi les Nations en 1989, dossier n° 3370). Celui-ci a mis en place une filière d’entraide protestante qui permit de sauver de nombreux Juifs.

      Le Canatier est une ferme isolée, située dans les montagnes des Cévennes, où coule une source d’eau potable. Sa position dominante offre une vue dégagée permettant de repérer de loin toute arrivée des troupes allemandes. Une grotte aménagée à proximité sert également de refuge en cas de danger. Roger et Malvina Fagès, leur fille Andréa, ainsi que Rose Fagès, sœur de Roger, protestants cévenols, y accueillent la famille Jeruzalska ainsi que d’autres personnes persécutées.

      Craignant les dénonciations, Roger Fagès, avec l’accord de Jenta, conduit Natan à bicyclette chez sa sœur, Marguerite Calvet, dans le hameau de Falguières. Jenta demeure quant à elle cachée chez Roger et Malvina Fagès pendant vingt mois, sans jamais quitter sa cachette.

      Au début de l’année 1943, Natan arrive à Falguières sous la fausse identité de Pierre Nadal. Il est présenté comme le fils d’une cousine éloignée ayant besoin du grand air. Marcel et Marguerite Calvet, parents de deux adolescentes de 15 et 17 ans, Renée et Lucette, l’accueillent comme un membre de leur famille. Natan participe aux travaux agricoles et à ceux de la laiterie, tout en poursuivant sa scolarité à Saint-Jean-du-Gard.

      En août 1943, les Allemands empoisonnent plusieurs sources de la région, provoquant une épidémie qui entraîne la mort de nombreux habitants, parmi lesquels Renée et Lucette Calvet. Par crainte pour la sécurité de l’enfant, Marguerite conduit alors Natan chez sa sœur, Rose Fagès, dans un quartier de Saint-Jean-du-Gard.

      À la fin de l’année 1944, la famille Jeruzalska est enfin réunie. Elle s’installe quelque temps à Nîmes avant de regagner Paris après la Libération. Les liens d’amitié tissés pendant ces années d’épreuve unissent encore aujourd’hui les descendants de ces familles.

      En 2026, Yad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Roger et Malvina Fagès, à Rose Fagès ainsi qu’à Marcel et Marguerite Calvet le titre de Juste parmi les Nations.

       




      Mis à jour il y a 6 jours.