Dossier n°1576 - Juste(s)

Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1979

Lily Ceschino

Année de nomination : 1979
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Enseignante de l’école libre de garçons de la ville de l’Arbresle
    Localisation Ville : Lyon (69000)
    Département : Rhône
    Région : Auvergne-Rhône-Alpes

    L'histoire

    Lily Ceschino comptait parmi les quatre enseignants de l’Ecole libre de garçons de la ville de L’Arbresle qui savaient que Wolf Lewin, un réfugié juif, était caché dans les bâtiments de l’école. Pourchassé par la police, Wolf vivait dans l’isolement le plus total, ne devant sa survie qu’au fait que le directeur et trois des professeurs de l’école avaient mis à sa disposition une cachette secrète. Une plaque dans l’auditorium évoque aujourd’hui le fait que, pendant l’occupation, le réfugié juif Wolf Lewin fut abrité dans l’établissement et eut ainsi la vie sauve. Wolf y retourna en 1965 et le directeur lui expliqua la raison d’être de la plaque : « Pour que les enfants la voient et soient éduqués dans le même esprit. » Wolf Lewin et sa femme, des Juifs de Pologne, étaient venus vivre en Belgique. Lorsque la guerre éclata, ils prirent la fuite vers la France, s’installant avec leur fillette de neuf ans dans la ville de Luchon (Haute-Garonne), dans le sud ouest de la France. En septembre 1942, Wolf reçut ordre de se présenter à la police française. Craignant que ce ne soit le prélude à la déportation et à la mort, il décida de s’enfuir. Sa femme et sa fille restèrent à Luchon. Wolf Lewin arriva à Lyon, d’où il comptait passer en Suisse, mais, n’ayant pas les moyens de payer le passeur, il resta à Lyon. Ne connaissant personne, il dormait dans les synagogues de la ville, en changeant chaque nuit, et c’est là qu’il fut trouvé par des membres du Comité juif de secours. Cette organisation, qui aidait réfugiés et personnes en fuite à trouver asile dans des familles chrétiennes, demanda assistance à Louise Casati (q.v.), enseignante à l’école libre de garçons de L’Arbresle. Louise cacha le fugitif chez elle pendant plusieurs jours, puis le transféra à l’école où il fut accueilli chaleureusement et où on lui trouva une cachette sûre. Les personnes qui lui venaient ainsi en aide, et notammant Lily Ceschino, savaient qu’elles risquaient leur vie, d’autant que soldats allemands et policiers avaient l’habitude de se rendre dans un château voisin et se présentaient parfois au monastère. Tout près de là, une trentaine de Français avaient été exécutés pour avoir violé la loi de l’occupant, et les corps avaient été laissés plusieurs jours dans la rue pour l’exemple. A l’Arbresle même, quarante personnes avaient été fusillées pour non respect des ordres de l’occupant; dans la plupart des cas il s’agissait de gens ayant caché des Juifs. A l’école, on avait dit aux enfants que Wolf Lewin était un réfugié chrétien des Flandres. Le réfugié qualifia plus tard les quatre enseignants « d’êtres humains suprêmement bons » qui avaient agi par compassion, poussés par leur sens du devoir moral à venir en aide aux persécutés.

    Le 18 juin 1979, Yad Vashem a décerné à Lily Ceschino le titre de Juste des Nations.

    Documents annexes

    Aucun document

    Articles annexes

    Aucun autre article