Dossier n°2698F - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Robert Joseph

Année de nomination : 1984
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Pasteur
    Localisation Ville : Clarensac (30870)
    Département : Gard
    Région : Occitanie

    L'histoire

    Robert Joseph, ancien officier né dans l’Aveyron, était également un homme d’Église : pasteur à Clarensac, dans le Gard, près de Nîmes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment après l’instauration du régime de Vichy en juillet 1940, il joua un rôle déterminant dans le sauvetage de personnes persécutées.

    À partir de 1942, alors que les lois antijuives de Vichy se durcissaient et que la « ligne de démarcation » fut supprimée en novembre 1942 lors de l’invasion de la zone libre par l’armée allemande, la situation des Juifs en France devint extrêmement périlleuse. Alerté par la Fédération protestante de France du danger imminent, le pasteur Joseph comprit qu’il fallait agir sans attendre.

    Grâce à lui, de nombreuses personnes fuyant les autorités de Vichy et l’occupant allemand trouvèrent asile sur le plateau cévenol. Parmi elles figuraient de nombreux Juifs, ainsi que des réfugiés républicains espagnols et des Juifs autrichiens ayant fui le nazisme dès 1938-1939.

    Bien qu’il habitât en face de la Kommandantur, il intervenait chaque jour dans le camp de regroupement créé et surveillé par la police française, où étaient retenus divers réfugiés. Il prêchait inlassablement auprès de ses paroissiens qu’il était de leur devoir chrétien d’aider les malheureux en détresse et de les protéger des autorités qui les pourchassaient.

    La nuit, il entrait en résistance : il fabriquait de faux papiers, des certificats de baptême, des cartes de ravitaillement. Il trouvait également des familles paysannes prêtes à accueillir des Juifs et à les cacher au péril de leur vie.

    Ainsi, en mars 1943, il trouva un refuge pour les Zerner, un couple de Juifs autrichiens recherchés par la Gestapo. Il aida bien d’autres personnes à trouver asile et leur procura le nécessaire pour survivre dans leurs cachettes. Non sans risques, il parvint aussi à intégrer des enfants juifs dans les rangs de ses scouts et louveteaux afin de leur offrir une protection supplémentaire.

    Après la guerre, il demeura discret sur son engagement. Évoquant cette période, il confia :
    « Les réfugiés vivaient relativement tranquilles jusqu’aux lois antijuives de Vichy. Ils étaient persuadés qu’ils bénéficieraient de la protection de la France. Nous avons fait ce que nous pouvions pour une poignée de personnes. »

    Lors de la cérémonie en son honneur le 19 décembre1997, il déclara avec humilité :
    « J’avais tourné la page. Quand j’ai appris que j’allais être honoré, ma surprise fut totale. J’ai alors éprouvé un sentiment de malaise. J’ai fait si peu de choses. Ce n’était qu’une goutte d’eau dans un océan de solidarité. »

     

    Le 5 janvier 1984, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné, au pasteur Robert Joseph, le titre de Juste parmi les Nations.

    Documents annexes

    Article de presse - Sud Ouest du 20/12/1997Article de presse – Sud Ouest du 20/12/1997
    Article de presse - Le petit bleu du 20/12/1997Article de presse – Le petit bleu du 20/12/1997
    Article de presse - La Dépêche de Midi du 20/12/1997Article de presse – La Dépêche de Midi du 20/12/1997

     




    Mis à jour il y a 3 semaines.