Dossier n°4880 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Paulette Happ

Année de nomination : 1991
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Couturière
    Localisation Ville : Paris (75005)
    Département : Paris
    Région : Ile-de-France

    Lieu de mémoire

    L'histoire

     

    Paulette Happ était couturière chez Jacques Cling, un tailleur juif parisien d’origine roumaine. La boutique de tailleur-fourreur de ce dernier, qui lui servait également de domicile, était située au 30, rue Monge, dans le Ve arrondissement de Paris. Jacques Cling était citoyen français depuis 1920 et titulaire de la Croix de guerre et de la Médaille militaire.

    À la suite de l’adoption des lois antisémites, il fut contraint d’apposer sur sa boutique une affichette la désignant comme une « entreprise juive – Jüdisches Geschäft ». En 1941, lorsque son commerce fut officiellement placé sous séquestre, Jacques Cling transféra clandestinement son activité de couture à l’étage, dans l’appartement où il vivait avec son épouse, Simone, et leurs deux fils, Willy et Maurice.

    Paulette, qui habitait au 40, boulevard Saint-Marcel, dans le Ve arrondissement, continua à travailler pour lui. Au cours de l’année 1943, alors que les arrestations se multipliaient, la famille Cling alla souvent se réfugier dans la petite maison où Paulette vivait avec sa sœur Gilberte, le mari de celle-ci, Henri Mabon, et leurs enfants. Malgré le danger et les conditions difficiles, les Cling y furent toujours chaleureusement accueillis.

    Le 4 mai 1944, les Cling ne quittèrent pas leur appartement à temps et furent arrêtés. Simone Cling, ignorant le sort terrible qui les attendait, demanda que l’on aille également chercher ses deux fils au lycée Lavoisier, pensant ainsi les protéger. C’est ainsi que Maurice fut arrêté en pleine classe, le jour même de ses quinze ans. Tous les quatre furent d’abord internés à Drancy, puis déportés à Auschwitz le 20 mai 1944 par le convoi n° 74. Seul Maurice, âgé de quinze ans, survécut à la déportation. Il fut libéré du camp de Dachau le 29 avril 1945 par l’armée américaine.

    Son cousin, Charles Ruhla, avait quatorze ans au moment de l’arrestation de la famille Cling. Lorsque ses parents apprirent la nouvelle, ils quittèrent Paris et se cachèrent à Coublon, un petit village situé à l’est de la capitale. Charles, quant à lui, fut recueilli par Paulette et la famille Mabon dans leur village natal de Domats, dans l’Yonne. Jusqu’à la Libération, ils prirent soin de lui avec dévouement et le traitèrent comme un membre de leur propre famille.

     

    Le 27 février 1991, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah – décerna à Paulette Happ ainsi qu’à Henri et Gilberte Mabon le titre de Juste parmi les Nations.




    Mis à jour il y a 3 jours.