Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2020, le titre avait été décerné à 27712 personnes à travers le monde, dont 4130 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Mme Huguette Cohen

Mme Ivette Cohen

Mme Nina Cohen

Mme Rivka Dagan (née Tuschnajder)

Mme marianne Feit

Mme Raymonde Gella

Mme Suzanne Katanka

Mme Evelyne Knopf

Mme Fanny Lanberger

Mme Eva Lang (née Tuschnajder)

Mme Marianne Lindenberg

Mme Babette Lisee

M. Marcel Marceau

Mme Alice Menkes

Mme Fortunée Metz (née Cohen)

Mme Malka Nechomovitch (née Tuschnajder)

Mme Nina Oliotsshen

Mme Danielle Oliotsshen

M. Claude Pushtilnikow

Mme Esther Reish

Mme Evelyne Reish

Mme léa Smékanowski

Mme Henriette Soffler

M. Maurice Tshaoukran

Mme Dora Tshaoukran

M. Samuel Tshaoukran

Mme Monique Tsobad

Lieux de mémoire

Plaque en hommage à Yvonne Hagnauer


Allée des Justes à Jérusalem



Allée des Justes à Paris

L’histoire

Yvonne Hagnauer
Pendant l’Occupation, diverses écoles s’ouvrirent à travers la France pour accueillir les orphelins de guerre et les enfants des prisonniers en Allemagne. Yvonne Hagnauer, qui était enseignante, dirigeait un lycée avec internat à Sèvres, près de Paris. Elle fit usage de ses fonctions pour sauver des dizaines d’enfants juifs menacés par les Allemands. Faisant preuve d’un grand courage et d’une résolution sans faille, elle affronta difficultés et dangers et assura à tous les enfants qu’elle avait pris en charge nourriture, vêtements et faux papiers. Malgré les temps difficiles, la directrice continua à maintenir un haut niveau scolaire. Les grandes rafles visant les Juifs parisiens en juillet 1942 avaient fait de nombreux sans abri parmi les enfants juifs dont les parents avaient été arrêtés. Yvonne Hagnauer, partie à leur recherche, trouva des dizaines de petits malheureux blottis dans des portes cochères, sans savoir où aller. Elle les recueillit dans son établissement. Le nombre de juifs dans l’internat atteignit alors soixante-dix pour cent des 150 pensionnaires. Les enfants juifs, dont l’âge allait de trois à dix-huit ans, recevaient des faux papiers de la directrice, qui leur expliquait qu’ils devaient dissimuler leur véritable identité. Yvonne Hagnauer notait soigneusement toutes les informations les concernant, puis cachait les papiers des enfants dans un coffre-fort spécial. A la Libération, elle les leur rendit et leur rappela leurs noms véritables et tous les éléments de leur identité. Elle aida également les petits fugitifs à conserver leurs traditions; pour la Pâque de 1945, elle envoya tous ceux qui étaient encore dans son établissement passer le Seder, la nuit pascale rituelle, dans des familles juives. Yvonne Hagnauer donna aussi asile à des adultes juifs et leur trouva des emplois de professeurs, de conseillers ou de simples ouvriers sous des noms d’emprunt. Parmi les jeunes gens qu’elle accueillit ainsi se trouvait un comédien qui avait précédemment occupé la fonction de moniteur à l’OSE et qui avait accompagné des groupes d’enfants pour les mettre en sécurité. Il s’appelait Mangel et, devenu mime, connut la célébrité internationale sous le nom de Marcel Marceau. Au printemps de 1944, Mangel, ayant échoué dans sa tentative de faire franchir la frontière suisse à un groupe qu’il escortait, le conduisit chez Yvonne Hagnauer qui les accueillit chaleureusement et leur fournit de faux papiers. Le comédien lui amena un jour une fillette malade qui devait être hospitalisée d’urgence. Aucun hôpital n’était prêt à l’accepter car elle n’avait pas de papiers. Malgré le risque énorme, Yvonne Haguenauer se rendit à la police et obtint les autorisations nécessaires. L’internat accueillit également les trois soeurs Tuchsnajder. Leurs parents avaient été déportés et les enfants avaient été ballottés d’institution en institution. Yvonne les accepta bien que son établissement soit déjà surpeuplé. L’une des soeurs, qui avait sept ans, souffrait de malnutrition; la directrice lui prodigua soins et affection. Les trois filles restèrent au lycée jusqu’en 1945, où elles partirent vivre en Palestine; par la suite elles continuèrent à correspondre avec Yvonne Hagnauer. Parmi les enfants juifs qui avaient été admis dans son internat, beaucoup étaient devenus orphelins et n’avaient pas où aller; ils y demeurèrent parfois après avoir fini leurs études. Certains ont célébré leur mariage dans l’établissement. Après la guerre, le gouvernement français décora la courageuse directrice pour son oeuvre de sauvetage d’orphelins chrétiens et juifs.

Le 10 septembre 1974, l’institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Yvonne Hagnauer le titre de Juste parmi les Nations.

 

Yvonne HAGNAUER, la deuxième à droite

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