Les Justes
Marie (Meleton) Deroche
Année de nomination : 2001Date de naissance : 06/09/1905
Date de décès : 17/06/1965
Profession : Métayer
Pierre Deroche
Année de nomination : 2001Date de naissance : 27/11/1894
Date de décès : 02/04/1980
Profession : Métayer
Personnes sauvées
L'histoire
Au lieu-dit « Le Virmulin », sur la commune de Fourneaux dans le département de la Loire, vivaient Pierre et Marie Deroche avec leur fille unique, Denise, âgée de treize ans. Métayers, ils tiraient de leur modeste ferme de quoi subsister, menant une existence rude dans une maison réduite à une seule pièce.
Rien, pourtant, ne les empêcha d’accomplir un acte de courage silencieux. En juin 1944, ils accueillirent chez eux deux petites filles juives menacées, qu’ils cachèrent durant quatre mois avec les seuls moyens dont ils disposaient. Paule Lévy avait le même âge que Denise ; sa petite sœur Margot n’était encore qu’un nourrisson d’un an.
La famille Lévy, originaire de Strasbourg, avait déjà fui une première fois pour se réfugier à Vichy. Le père, Jacques, ancien combattant de la Grande Guerre, avait été mobilisé en 1940, puis fait prisonnier par les Allemands. Libéré en 1941, il avait retrouvé du travail grâce à un ancien compagnon d’armes. Mais l’étau des persécutions antijuives se resserrant, il leur fallut reprendre la route, jusqu’à Fourneaux.
C’est là que le destin les mit en relation avec la sœur de Marie Deroche, qui les guida vers Pierre et Marie. Sans hésiter, ceux-ci acceptèrent de protéger les deux enfants. Dans un geste de fidélité et de respect, Pierre alla jusqu’à dissimuler, dans un cabanon de la cour, les livres de prières de Jacques.
Un jour, le drame faillit surgir. Une patrouille allemande s’arrêta devant la maison et interrogea Paule : Marie était-elle bien sa mère ? À la réponse simple et assurée de l’enfant, les soldats, par chance, poursuivirent leur chemin. Une fouille aurait sans doute été fatale : les livres en hébreu auraient trahi la vérité.
À la Libération, les deux fillettes purent retrouver leurs parents. De cette épreuve naquit un lien indéfectible : toute leur vie durant, elles restèrent en contact avec ceux qui les avaient sauvées.
Le 3 septembre 2001, Yad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Pierre et Marie Deroche le titre de Juste parmi les Nations.
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