Dossier n°10005 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2003

Jacques Copet

Année de nomination : 2003
Date de naissance : 17/08/1898
Date de décés : 13/07/1958
Profession : Chauffeur d’autos

Marguerite Copet Thomas

Année de nomination : 2003
Date de naissance : 18/08/1905
Date de décés : 07/01/1988
Profession : cuisinière

Localisation Ville : Moulins (3000)
Département : Allier
Région : Auvergne-Rhône-Alpes

L'histoire

Marguerite et Jacques Copet s’étaient installés à Moulins (Allier), leur ville natale, au terme d’une carrière d’employés de maison chez les Heilbronn, Juifs parisiens. Jacques avait été leur maître d’hôtel et Marguerite, leur cuisinière. Des liens quasi-familiaux unissaient les Copet et les Heilbronn. A l’automne 1939, Jacques avait ouvert à Moulins un atelier de sabotier. Il reprit aussi avec lui ses deux enfants élevés jusqu’alors par sa mère. Marguerite avait accompagné les Heilbronn, Anne-Marie et ses deux enfants, Florence, née en 1939, et Hubert, 8 ans, ainsi que leur cousin Philippe dont le père était tombé au champ de bataille en 1940, dans leur retraite en zone sud, de Bordeaux jusque dans les Alpes. Elle avait ensuite rejoint sa famille à Moulins. En février 1944, les grands’parents Heilbronn furent arrêtés à Grenoble, ensuite déportés et mis à mort à Auschwitz. Anne-Marie avertit par télégramme les Copet du malheur qui les frappait et de leur arrivée à Moulins. Marguerite les attendait à la gare et les logea dans son modeste logement jusqu’en juin 1944. Ils étaient munis de faux papiers au nom d’Hulleron. Ensuite elle leur trouva une maison plus grande, tandis que Florence qui l’appelait «ma Guiguite», resta auprès d’elle jusqu’après la Libération. Marguerite rendait quotidiennement visite aux Heilbronn et veillait à leur ravitaillement, roulant de ferme en ferme en bicyclette pour leur acheter le nécessaire. Elle allait aussi attendre les garçons à leur sortie de classe car ils devaient franchir un pont gardé par des sentinelles allemandes. En été 1944, Edith Bloche, 19 ans, cousine des Heilbronn, vint rejoindre ses proches et bénéficia elle aussi de la protection des Copet. Ils prirent de grands risques pour protéger les Heilbronn car leurs voisins étaient collaborateurs. Catholiques pratiquants, ils étaient unis aux Heilbronn par des liens qui ont persisté jusqu’à leur décès.     

Le 28 avril 2003, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Marguerite et Jacques Copet le titre de Juste parmi les Nations. 

25 juin 1942,  Jaques Copet et Florence Heilbronn

25 juin 1942,  Marguerite Copet Edith Bloche et Florence Heilbronn

Avril 44, Florence et Philippe Hubert Heilbronn

Avril 44, Marguerite Copet Philippe Hubert et Florence Heilbronn

Florence Heilbronn avec Denise et Jaques Copet en 1944

Juillet 44, Denise Copet Edith Bloche et Marguerite Copet

Le témoignage

La famille HEILBRONN est établie en France depuis deux siècles. Le père, Jacques, est agriculteur en Seine et Marne. Il a deux enfants, Hubert, né en 31 et Florence née en 39.


De 1942 à 43, la famille est réfugiée près de Grenoble.

En février 44, les grands parents et la tante de Hubert sont arrêtés à Uriage, déportés à Auschwitz d’où ils ne reviendront pas.

Les COPET étaient employés par les parents HEILBRONN comme maître d’hôtel pour lui et cuisinière pour elle. A leur retraite, ils étaient partis dans l’Allier.

A la suite de l’arrestation des grands-parents HEILBRONN, Hubert part avec sa mère et sa soeur plus un cousin à Moulins. Les COPET ont été prévenus par un télégramme et ils attendent la famille HEILBRONN à la gare. Ils sont conduits immédiatement chez eux.

Ensuite, Madame COPET leur trouve une maison et se charge de leur ravitaillement. Les HEILBRONN resteront à Moulins jusqu’en septembre 44.

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