Dossier n°10098 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2003

Antoine Girardin

Année de nomination : 2003
Date de naissance : 02/02/1900
Date de décés : 04/05/1971
Profession : Curé

Localisation Ville : Saint-Jean-de-la-Vetre (42440)
DĂ©partement : Loire
RĂ©gion : Auvergne-RhĂ´ne-Alpes

Personnes sauvées

Cérémonies

    Date de Cérémonie de reconnaissance: 04 Décembre 2005

    L'histoire

    Le Père Antoine Girardin était le curé de Saint-Jean-la-Vêtre (Loire). Ordonné prêtre en 1925 à Lyon, il fut vicaire et curé dans divers villages avant de prendre ses fonctions à Saint-Jean-la-Vêtre en 1936. A l’automne 1943, il accueillit dans une chambre aménagée dans les combles de son presbytère René Bloch qui fuyait les poursuites de la Milice. René Bloch était Juif originaire de Metz. En 1940, il s’était replié à Roanne avec sa femme et ses deux enfants ainsi que ses deux frères et leurs familles. Ils y avaient réinstallé leur magasin de textile « A la Ville de Mulhouse » et toute la famille résidait à Villerest. Un soir de 1943, la Milice fit une descente à leur résidence et s’adonna au pillage, molestant leurs locataires et menaçant de les livrer aux Allemands. La famille, consciente d’une arrestation imminente, décida de se disperser. Elle fit appel à l’aide d’une des employées de leur magasin, Mme Jacquet. D’une part, elle mit à la disposition de Mme Bloch et de sa fille Suzanne, 23 ans, sa maison de campagne où personne ne les connaissait. D’autre part, elle s’adressa à son oncle, le Père Girardin, qui accepta de cacher René Bloch dans son presbytère. Les conditions du Père Girardin, pour assurer la sécurité de son locataire clandestin, furent strictes. Il ne devait être aperçu de quiconque et ne devait quitter sa chambre sous aucun motif. Aucun bruit ne devait le trahir et il devait éviter de faire craquer le parquet quand des visiteurs se trouvaient dans les pièces inférieures. René Boch resta cloîtré dans ces conditions jusqu’à la Libération. Le Père Girardin assura son gîte et son couvert, à titre gracieux, et lui apporta aussi le réconfort de sa compagnie. Les Bloch ont conservé une grande reconnaissance pour l’action désintéressée et courageuse du Père Girardin qui sauva la vie du père de la famille.     

    Le 25 aoĂ»t 2003, l’Institut Yad Vashem de JĂ©rusalem a dĂ©cernĂ© au Père Antoine Girardin le titre de Juste parmi les Nations.

    Le témoignage

    La famille Bloch exploitait un magasin  » A la ville de Mulhouse  » à Metz, ils en partent en 1940 pour Roanne (Loire) où le magasin est transféré.

    En 1943, visite de la milice française qui fouille la maison d’habitation de fond en comble.
    Les parents, convaincus d’un danger imminent, dĂ©cident de partir.

    Les oncles et tantes restés à Roanne sont confrontés à la même bande et sont volés et frappés.
    Une employĂ©e du magasin : Madame JACQUET, met Ă  l’abri Madame BLOCH et sa fille (devenue Mme Meyer) dans sa maison de campagne.

    Mme Jacquet demande Ă  son oncle, le Père GIRARDIN, curĂ© de St Jean La VĂŞtre (Loire) de cacher M. BLOCH au presbytère. Il est cachĂ© dans les combles, ne sortant presque pas de sa chambre, avec interdiction de marcher s’il y a des visiteurs Ă  l’Ă©tage. Il reste ainsi cachĂ© pendant plusieurs mois e, malgrĂ© le danger, le Père GIRARDIN assure le gĂ®te, le couvert et le rĂ©confort. Cette protection est totalement dĂ©sintĂ©ressĂ©e.

    Seuls le neveu du Père GIRARDIN et la bonne, Joséphine, sont dans le secret.

     

     

    Père Antoine GIRARDIN

    Documents annexes

    Invitation cérémonie Girardin Invitation cérémonie Girardin
    14 mars 2015 09:40:05

    Articles annexes

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