Dossier n°10187 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2004

André Burlon-Artaud

Année de nomination : 2004
Date de naissance : 29/05/1904
Date de décés : //
Profession : Maraîcher, Horticulteur

Angèle Burlon-Artaud Vial

Année de nomination : 2004
Date de naissance : 31/07/1908
Date de décés : //
Profession : Maraîchère

Localisation Ville : Meylan (38240)
Département : Isère
Région : Auvergne-Rhône-Alpes

L'histoire

Angèle et André Burlon-Artaud résidaient à Meylan (Isère) avec leur fils Georges, 7 ans. Ils étaient maraîchers et vendaient leurs fruits et légumes sur le marché de Grenoble. Au début de l’année 1943, ils recueillirent deux petits garçons juifs qu’ils hébergèrent à titre gracieux jusqu’à la Libération. David Korn, 7 ans, et Ralph Meier, 11 ans, avaient été convoyés chez les Burlon-Artaud par des jeunes Eclaireurs Israélites de France, opérant clandestinement. Tous deux avaient séjourné auparavant au home d’enfants des EIF à Moissac qui dut disperser ses protégés après l’invasion allemande du sud de la France. David Korn avait fui la Belgique avec sa mère en 1940 et ils étaient réfugiés en France. Internés à Rivesaltes, le garçonnet en fut libéré par l’OSE avec une quinzaine d’autres enfants en avril 1942, tandis que sa mère fut déportée à Auschwitz et gazée à son arrivée. Son père, déporté de Belgique à Buchenwald, eut la chance d’en revenir. Ralph Meier était aussi réfugié dans le sud de la France avec sa mère qui l’avait confié à l’OSE pour le mettre en sécurité. Quand ils arrivèrent chez les Burlon-Artaud, les deux garçons avaient chacun un faux nom. David s’appelait Daniel Chapon et Ralph, Robert Manier. Scolarisés, intégrés et traités comme des enfants de la famille, ils vécurent dans un calme relatif jusqu’à l’invasion allemande de la zone italienne en septembre 1943. Les Burlon-Artaud prirent alors d’énormes risques à les héberger du fait de la répression cruelle contre les Juifs et leurs protecteurs. Ils les gardèrent pourtant et les rendirent sains et saufs aux EIF après la guerre. Confrontés aux vicissitudes de la vie, les garçons perdirent le contact avec leurs sauveurs. Mais après de longues recherches, ils retrouvèrent Georges, leur fils, pour lui exprimer la gratitude et la reconnaissance qu’ils vouaient à ses parents « ces gens admirables » qui leur avaient sauvé la vie.     

Le 15 janvier 2004, Yad Vashem a décerné à Angèle et André Burlon-Artaud le titre de Juste des Nations.

Le témoignage

Le témoin, David Korn, est né le 19/04/36 à Bruxelles. Son père a été déporté depuis la Belgique à Buchenwald, où il survivra jusqu’à la Libération.

En 1940, avec sa mère, David fuit la Belgique pour la France.

D’abord internés à Gurs, ils arrivent à Rivesaltes en février 41. David y reste jusqu’au 25/04/42. Il est alors séparé de sa mère (qui sera déportée par le convoi 31), pris en charge par l’OSE, qui le place d’abord au home E.I.F. de Moissac.

Après l’invasion de la zone libre, David est évacué par l’OSE et caché à Meylan, avec Ralph Meier, au sein de la famille Burlon, des maraîchers.

C’est là que son père viendra le rechercher en septembre 45.

 

Angèle BURLON-ARTAUD

André BURLON

Georges Burlon Artaud, David Korn et Robert Meier

Meylan en 1943-1944 à grenoble

photo prise le 18 août 2002 après plus de 58 ans au même endroit à Meylan (grenoble)

Rencontre  avec Catherine Lewertowski qui a permis que les personnes sauvées se retrouvent 58 ans après

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