Dossier n°10189 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2004

André Proudhon

Année de nomination : 2004
Date de naissance : //
Date de décés : 01/07/1944
Profession : officier dans l’armĂ©e

Localisation Ville : Sanvignes-les-Mines (71410)
DĂ©partement : SaĂ´ne-et-Loire
Région : Bourgogne-Franche-Comté

L'histoire

André Proudhon
André Proudhon habitait à Sanvignes-les-Mines (Saône-et-Loire) et s’était lié d’amité avec une jeune juive, Erna Westreich. La famille d’Erna, ses parents et ses deux sœurs, originaire de Metz, s’était repliée lors de l’invasion allemande à Montceau-les-Mines en zone occupée. En juillet 1942, Erna et sa mère furent arrêtées et déportées. En octobre 1942, le père subit le même sort. Ils furent mis à mort dans l’Est. André prit alors sous sa protection les deux sœurs d’Erna, Mina et Netty, 16 et 13 ans, menacées du sort tragique de leurs proches. Il leur fit franchir clandestinement la ligne de démarcation et les emmena chez ses oncles, les Trombone, qui habitaient à Billiat (Ain). M. Trombone travaillait à la construction du barrage de Génissiat sur le Rhône et était aussi activement engagé dans la Résistance. Il fit embaucher André sur le même chantier, ce qui lui permit de subvenir aux besoins des deux fillettes avec une partie de son salaire. Ayant rejoint le maquis, André les entraîna dans ses activités de résistance au maquis de l’Ain pour lequel Netty, sous le nom de guerre de Georgette Proudhon, effectua plusieurs missions de liaison.  Ensuite, ils intégrèrent le maquis « Serge » à Planchez (Nièvre). En juillet 1944, après le sabotage d’un passage à niveau, André et son groupe de FFI tombèrent dans une embuscade au cours de laquelle il fut abattu, à Epinac-les-Mines. Il fut décoré de la Légion d’Honneur et de la Médaille de la Résistance et un monument fut érigé à son nom à Sanvignes-les-Mines. Après la guerre, Netty fut légalement adoptée par la fille des Trombone et son mari chez qui elle put retrouver un foyer.

Le 15 janvier 2004, Yad Vashem a décerné à André Proudhon le titre de Juste des Nations.  

 

Le témoignage

La famille Weistreich, immigrĂ©e de Pologne, vivait avant la guerre Ă  Metz. Fin 1939, le père, Abraham Westreich, son Ă©pouse Feiga, et leurs trois filles, Erna, Netty et Mina, furent Ă©vacuĂ©s vers Montceau-les-Mines, oĂą rĂ©sidait dĂ©jĂ  une partie de la famille. Le 14 juillet 1942, la maman et sa fille aĂ®nĂ©e Erna sont arrĂŞtĂ©es, transfĂ©rĂ©es au camp de Pithiviers, puis dĂ©portĂ©es Ă  Auschwitz, d’oĂą elles ne reviendront pas. Le 9 octobre 1943, c’est Monsieur Westreich qui est arrĂŞtĂ© Ă  son tour Ă  Montceau-les-Mines, transfĂ©rĂ© Ă  Drancy, puis dĂ©portĂ© le 25 octobre 1942 Ă  Auschwitz, oĂą il disparut.

Netty et Mina restĂ©es seules, sont alors prises en charge par AndrĂ© Proudhon, un ami de leur soeur Erna, alias Lieutenant Serge dans les F.F.I. (Forces Françaises de l’IntĂ©rieur). Il leur fait passer la ligne de dĂ©marcation avec l’aide d’un de ses compagnons, Monsieur Pariat et accompagne les deux soeurs dans un maquis de l’Ain. Il trouve alors un emploi pour subvenir Ă  leurs besoins et les fait hĂ©berger chez ses oncle et tante, M et Madame Trombone, Ă©galement membres des F.F.I. MalgrĂ© son jeune âge, Netty effectue plusieurs missions au sein de diffĂ©rents maquis, sous le faux nom de Georgette Proudhon.

Devant le danger des dĂ©nonciations et la menace d’ĂŞtre poursuivies par les allemands, leur protecteur les conduit de maquis en maquis, (dans l’Ain et dans la Nièvre) oĂą il continue son combat dans la RĂ©sistance.

En juillet 1944, AndrĂ© Proudhon est tuĂ© lors d’une action de sabotage Ă  Epinac-les-Mines. Ce qui lui vaudra les titres de  » Lieutenant Serge  » Chevalier de la LĂ©gion d’Honneur, MĂ©daille Militaire, Croix de Guerre. Un monument Ă  son nom se trouve Ă  Sauvignes-Les-Mines.

A la LibĂ©ration, Monsieur et Madame Veillaud (soeur de Monsieur Trombone) ont recueilli Netty et assurĂ© son avenir, lui permettant de poursuivre ses Ă©tudes et de trouver une situation. De plus, ils l’ont adoptĂ©e afin qu’elle retrouve un foyer.

AndrĂ© Proudhon et les familles Veillaud et Trombone Ă©tant dĂ©cĂ©dĂ©s, c’est la fille de Monsieur et Madame Trombone, Mireille Tsacalo Trombone, qui recevra au nom d’AndrĂ© Proudhon, la MĂ©daille des Justes.

 

Documents annexes

Invitation cérémonie Proudhon Invitation cérémonie Proudhon
14 avril 2014 08:10:07

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