Dossier n°10235 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2005

Françoise Vigne

Année de nomination : 2005
Date de naissance : 03/05/1910
Date de décès : 27/05/1956
Profession : Mère au foyer, nourrice

Paul Vigne

Année de nomination : 2005
Date de naissance : 10/12/1903
Date de décès : 10/12/1962
Profession : Mineur

    Localisation Ville : Youx (63700)
    Département : Puy-de-Dôme
    Région : Auvergne-Rhône-Alpes

    L'histoire

    Françoise VIGNE
    Françoise et Paul Vigne résidaient à Youx (Puy-de-Dôme). Il était mineur et elle gardait des enfants en nourrice. En 1942, Jeanne Cazenave née Kaszemacher, 18 ans, apprit par une petite annonce dans un journal qu’une Mme Vigne souhaitait garder des enfants en pension. Jeanne venait juste de se marier avec M. Cazenave et cherchait à cacher sa petite sœur, Jacqueline, 4 ans, à la campagne. Le couple Kaszemacher, Juifs d’Europe Centrale, s’étaient réfugiés avec leurs deux filles de Paris dans le Puy-de-Dôme, après l’aryanisation de leur atelier de tailleur. Les parents étaient partis à Nice et Jeanne qui avait plus de liberté de mouvement se chargea de Jacqueline. Elle se rendit auprès de la famille Vigne et lui confia Jacqueline qu’elle présenta sous le nom de Cazenave. Elle paya sa pension de plusieurs mois à l’avance et venait la visiter. Malheureusement, Jeanne et son mari qui étaient dans la Résistance, furent arrêtés en mars 1943. Elle fut déportée à Ravensbrück et lui à Buchenwald. Ils n’en revienrent qu’à la Libération. Après cette arrestation personne ne payait la pension de Jacqueline. Mais Paul et Françoise continuèrent à l’élever comme leur propre fille. Leur fils unique, Raoul, 16 ans, la considérait comme sa petite sœur. Jacqueline appelait Françoise « Maman Vigne ». Elle fut scolarisée mais, pour des raisons de sécurité, elle manquait souvent les classes. Par contre, elle allait fréquemment à l’église pour ne pas étonner le voisinage. Les Vigne l’ont hébergé à titre gracieux, ainsi qu’une autre enfant du nom de Dora Azoulay, jusqu’à la Libération. Quand son père vint chercher Jacqueline, elle refusa de le suivre. Au fil d’une conversation, elle découvrit alors que « Maman Vigne » n’était pas sa vraie mère et que sa mère biologique avait été arrêtée à Nice, déportée et assassinée à Auschwitz. Elle est restée attachée à Françoise jusqu’à son décès.      

    Le 23 février 2005, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Françoise et Paul Vigne le titre de Juste parmi les Nations.

     

    Documents annexes

    Article de presse Article de presse
    2 janvier 2014 10:35:28

    Articles annexes

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