Dossier n°1027

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Les Justes

Année de nomination : 1976
Henri Roser
Année de nomination : 1976
Date de naissance : 11/02/1899
Date de décés : 06/01/1981
Profession : Pasteur

Localisation Ville : Paris (75019)
Département : Paris
Région : Île-de-France

Lieu de mémoire

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Le pasteur Henri Roser était membre, avant la guerre, d’un mouvement pacifiste chrétien. Lors d’une rencontre de ce mouvement à Prague, il avait fait la connaissance de son secrétaire, Heinrich Totsch, dont la femme était juive, ainsi que de son beau-frère, Gustav Fried, sa femme Ahuva et leur petite fille, tous originaires de Prague.

Quelques jours après l’entrée des Allemands dans la ville en mars 1939, Ahuva décida d’aller se réfugier chez sa soeur à Paris. Gustav, lui, persuadé que l’invasion allemande ne durerait pas et qu’il n’y avait pas lieu de s’affoler, resta à Prague. Arrêté, puis déporté, il n’a pas survécu.

Le 16 juillet 1942, jour de la grande rafle des Juifs de Paris, la police arriva devant l’immeuble où Ahuva vivait avec sa mère, sa fille, sa soeur et son beau-frère. Le concierge les prévint immédiatement et leur permit de se cacher dans un appartement vide, puis il déclara aux policiers que la famille Fried n’était pas chez elle. Néanmoins, le danger restait grand car la police pouvait revenir à tout moment. De plus, Ahuva Fried n’avait pas de papiers justifiant sa présence en France.

Le pasteur Roser, qui n’avait pas oublié la famille de ses amis de Prague et savait que, juive, elle avait besoin d’aide, vint à son secours. Il procura des cartes d’alimentation à tous les membres de la famille ainsi que de fausses cartes d’identité. Tout cela était difficile et dangereux. Le pasteur prenait de grands risques, d’autant que, ne cachant pas ses positions, il était particulièrement vulnérable. Les papiers qu’il avait procurés à Ahuva Fried étaient si bien faits qu’elle put circuler librement dans la ville occupée et même louer un appartement sans attirer les soupçons. Henri Roser allait lui rendre visite, pour s’assurer qu’elle et sa fille allaient bien et les aider en cas de besoin.

Le couple Roser avait quatre enfants nés entre 1926 et 1937. Henri Roser dont les moyens étaient modestes avait une épouse en mauvaise santé et deux petits garçons à sa charge. Pourtant il ne chercha jamais la moindre récompense matérielle.

Ahuva Fried continua à correspondre avec le pasteur après la guerre, et ils continuèrent à s’écrire quand elle quitta la France pour aller vivre en Israël.

Le 18 mars 1976, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné au Pasteur Henri Roser le titre de Juste parmi les Nations.  

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