Dossier n°10319 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2004

Jules Lapeyrère

Année de nomination : 2004
Date de naissance : 09/06/1883
Date de décès : 07/06/1961
Profession : Maire

    Localisation Ville : Castin (32810)
    Département : Gers
    Région : Occitanie

    L'histoire

    Jules LAPEYRERE
    Jules Lapeyrère, agriculteur, était maire de Castin (Gers). Il assuma cette charge à partir de 1910, durant trente trois ans. Ancien combattant de la Guerre de 1914-1918, il avait participé à la bataille de Verdun et y avait été gazé. Très marqué par cette expérience, il avait gardé un grand ressentiment à l’égard des Allemands. Attaché aux valeurs républicaines, il fut l’un des rares maires à ne pas prêter serment de fidélité à Pétain. Durant la période de l’entre-deux-guerres, il s’occupa de l’accueil de nombreux réfugiés et ressortissants étrangers dans la région. En 1938, M. Leuchtmann, réfugié de Hongrie, s’était établi dans le Gers. La main-d’œuvre agricole faisait défaut dans la région et il avait été embauché comme ouvrier-jardinier par la mairie d’Auch. Ensuite, il fit venir son épouse et leurs deux garçons. En 1940, la mairie d’Auch leur trouva un refuge dans une ferme proche de Castin où toute la famille fut employée aux travaux agricoles, les fils ne pouvant poursuivre leurs études du fait de la législation anti-juive de Vichy. Naturalisés français en 1940 mais recensés, leurs cartes d’identité portaient depuis décembre 1942 la mention « Juif ». Afin de les protéger de l’arrestation, Jules Lapeyrère leur établit quatre nouvelles cartes d’identité officielles omettant le tampon infamant grâce auxquelles les Leuchtmann purent survivre jusqu’à la fin de la guerre. Il en fit de même pour la famille Leibovitchi, composée de six personnes. Les risques que Jules Lapeyrère encourai étaient énormes puisque son secrétaire de mairie, qu’il avait lui-même nommé pour lui assurer un salaire régulier, faisait partie de la Milice. Après la guerre, on découvrit dans le village une liste de personnes soupçonnées par les autorités pour opposition au régime. Elle comprenait le nom de Jules Lapeyrère et celle du curé de Castin, Théodore Claverie. Jules Lapeyrère avait sauvé la vie de dix personnes en danger.    

    Le 18 juillet 2004, l’institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Jules Lapeyrère le titre de Juste parmi les Nations.

    Documents annexes

    Article de presse de 2005Article de presse de 2005
    20 avril 2018 09:08:00
    Article de presse - Journal inconnu du 29/03/2005Article de presse – Journal inconnu du 29/03/2005
    20 avril 2018 09:06:56
    Article de presse - Journal inconnu du 25/03/2005Article de presse – Journal inconnu du 25/03/2005
    20 avril 2018 09:05:26
    Invitation cérémonieInvitation cérémonie
    20 avril 2018 09:03:51

    Articles annexes

    Aucun autre article