Dossier n°10450 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2004

Auguste Valadas

Année de nomination : 2004
Date de naissance : 03/04/1891
Date de décès : 21/06/1973
Profession : Cultivateur

Céline Valadas Menudier

Année de nomination : 2004
Date de naissance : 02/01/1901
Date de décès : 25/04/1986
Profession : Cultivatrice

    Localisation Ville : Champnetery (87400)
    Département : Haute-Vienne
    Région : Nouvelle-Aquitaine

    L'histoire

    Céline et Auguste Valadas, agriculteurs, résidaient à Champnétery (Haute-Vienne) avec leurs trois filles, Andrée, Juliette et Simone de 24, 23 et 15 ans. En avril 1944, ils ont accueilli sous leur toit un couple de Juifs en danger, les Finkelstein, et son bébé de 18 mois, Solange, et les ont caché jusqu’à la Libération. Lors de l’occupation allemande, les Finkelstein s’étaient repliés de Paris à Saint-Léonard-de-Noblat. Minotier de profession, M. Finkelstein acheta un moulin dans les environs, pensant pouvoir y travailler. Mais un commissaire-gérant lui fut imposé et il se contenta d’y cultiver des légumes et d’élever des poules. En avril 1944, le couple Finkelstein, dont les deux filles aînées étaient en pensionnat à Limoges, fut informé qu’une troisième rafle allait avoir lieu à l’encontre des derniers Juifs de Saint-Léonard. Ils eurent juste le temps de partir se cacher dans les champs avant que leur maison ne fut mise à feu. Recommandé par un voisin agriculteur d’origine polonaise, M. Finkelstein se présenta alors chez les Valadas pour leur demander assistance. Ils avaient auparavant caché un réfractaire du STO qui venait juste de prendre le maquis, donc ils avaient une place et acceptèrent de l’héberger. Comme en a témoigné leur fille, Juliette: «on ne le connaissait pas et il ne nous connaissait pas». Mais ils lui ont offert le gîte et le couvert à titre gracieux. Plus tard, M. Finkelstein demanda s’il pouvait faire venir sa femme et son bébé. Juliette se souvient: «on a accepté, c’était quelque chose qu’on ne pouvait pas refuser… C’était du provisoire…On s’est serré les coudes et personne n’a jamais demandé: quand vont-ils partir ?». Les fugitifs étaient  intégrés à la famille et Solange choyée et dorlotée. Elle a fait ses premiers pas autour de la table de la cuisine. Les Valadas envoyaient des colis de nourriture aux deux filles Finkelstein à Limoges. Ensuite Auguste les fit venir au village où des voisins les ont hébergées. Les risques que prirent les Valadas étaient d’autant plus grands que la région était devenue la scène de combats sanglants qui rappelèrent à Auguste ses expériences de 1914-1918.           

    Le 27 décembre 2004, Yad Vashem a décerné à Céline et Auguste Valadas le titre de Juste des Nations.

    Documents annexes

    Article de presse - l'Echo du 13/12/2007Article de presse – l'Echo du 13/12/2007
    10 mars 2019 06:57:09
    Invitation cérémonieInvitation cérémonie
    10 mars 2019 06:55:47

    Articles annexes