Dossier n°10623 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2005

Fernande Trémine

Année de nomination : 2005
Date de naissance : 23/08/1882
Date de décès : 12/07/1968
Profession : Sans profession

    Localisation Ville : Villedieu (36320)
    Département : Indre
    Région : Centre-Val de Loire

    L'histoire

    Fernande Trémine, célibataire d’une soixantaine d’années, résidait avec sa mère Louise, à Villedieu (Indre). Elle avait dirigé une fabrique de chemises et en confectionnait encore pour des particuliers. Au début de l’année 1943, les deux femmes accueillirent sous leur toit une fillette juive de 5 ans, Suzanne Donzon. Le couple Donzon était d’origine polonaise. Le père, après sa démobilisation, fut arrêté en 1941 et interné à Beaune-la-Rolande d’où il réussit à s’évader. Après avoir échappé à la rafle du Vel’d’Hiv, sa femme trouva un passeur pour faire franchir la ligne de démarcation à ses enfants. Ils rejoignirent des proches réfugiés à Brive-la-Gaillarde. De là, les enfants furent pris en charge par l’OSE et convoyés à Villedieu. En accueillant Suzanne, Fernande se sentit devenir mère d’un seul coup. Elle la chérit et la couvrit d’amour maternel avec un dévouement sans bornes. Après le décès de sa mère, Fernande s’occupa seule de l’enfant et lui offrit un hâvre de paix jusqu’en 1945. Sa vie fut rythmée par l’école, l’église et le patronage. La tante de Fernande, Mme Pannetier, en liaison avec l’OSE, plaça plusieurs enfants chez des familles d’accueil à Villedieu dont le petit Freddy Lévy. La sœur de Suzanne fut hébergée chez Mme Brûle ; l’une de leurs cousines chez le couple Chanarol ; une autre chez Mme Larchevêque. Ces fillettes s’entrevoyaient à l’école pendant les récréations. Mme Poirier s’occupa du financement des placements car les familles recevaient une petite pension pour couvrir les frais d’entretien des enfants. Le maire fournit les papiers d’identité. Suzanne conserva un grand amour et une grande reconnaissance à l’égard de Fernande qui lui avait sauvé la vie.

    Le 20 juin 2005, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Fernande Trémine le titre de Juste parmi les Nations.

     

    Le témoignage

    « Comment suis-je arrivée à Villedieu (Indre) ? Là, j’ai un grand vide dans mes souvenirs. Nous avons été placées, ma soeur Madeleine et moi, par un organisme (l’OSE). Fernande Trémine et sa mère Louise m’ont choisie, j’étais la plus petite. J’ai beaucoup pleuré, je me suis cachée sous la table et je ne voulais plus sortir. Avec de la patience, ces personnes m’ont donné plein d’amour et de soins. Louise est décédée quelques temps après, et je suis restée avec Fernande, que j’appelais « Tata ». Elle est devenue ma seule famille… Après la guerre, je suis retournée à Villedieu pour les petites et grandes vacances, comme on fait quand on va chez ses grands parents. Elle est décédée en juillet 1968, je pense que je lui ai toujours été redevable de tout ce qu’elle avait fait pour moi… »

    Extrait du témoignage de Mme Suzanne Lamhaut Donzon.

     

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