Dossier n°10723 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Lucie Grandou Constanty

Année de nomination : 2005
Date de naissance : 16/09/1901
Date de décés : 25/03/1985
Profession : Agricultrice

Marcellin Grandou

Année de nomination : 2005
Date de naissance : 28/11/1898
Date de décés : 01/02/1965
Profession : Agriculteur

Localisation Ville : Mayrac (46200)
DĂ©partement : Lot
RĂ©gion : Occitanie

L'histoire

Marcelin et Lucie Grandou

Lucie et Marcellin Grandou ainsi que Léa et Elie Louradour, agriculteurs, résidaient respectivement à Mayrac et Saint-Sosy (Lot), des fermes proches. Lucie et Léa étaient sœurs. Les Grandou avaient trois grandes filles: Georgette, Simone, et Renée, de 20, 18 et 14 ans; les Louradour n’avaient pas d’enfants. En janvier 1944, un inconnu se présenta à la ferme des Grandou avec une lettre de recommandation, écrite de la main de Mme Plagne, sœur de Lucie et Léa. Cette dernière résidait à Bretenoux où elle et son mari étaient instituteurs. Ils avaient dans leurs classes deux petits réfugiés juifs, Claude Hess, 7 ans, et sa sœur, Danielle, 5 ans. La famille Hess s’était repliée de Metz à Bretenoux en 1940. Juifs de nationalité française, ils ne furent pas inquiétés jusqu’en 1944. Au début de cette année, ils reçurent un message griffonné des grands-parents maternels leur annonçant leur arrestation. Les Hess décidèrent de redoubler de précautions et cherchèrent un refuge pour leurs enfants. Ils s’adressèrent à plusieurs personnes, mais sans résultat. En désespoir de cause, ils se tournèrent vers les instituteurs des enfants qui les aidèrent. Comprenant qu’il s’agissait de Juifs en danger, les Grandou accueillirent les deux enfants avec chaleur. Il fut convenu que Claude resterait avec eux à la ferme du Fustier et que Danielle serait hébergée chez les Louradour au Mas Rembert. Ils y restèrent jusqu’en octobre 1944. Claude fut adopté par les filles Grandou comme leur petit frère et les Louradour choyèrent et adorèrent Danielle comme leur propre fille. Ils furent scolarisés et leurs institutrices, des religieuses elles-mêmes réfugiées de Lorraine, les prirent sous leur protection. Les deux familles étant catholiques pratiquantes, elles les emmenèrent à la messe le dimanche. Leurs parents se cachaient dans les environs et Elie qui était lié à la Résistance les mit en conctact avec le maquis où M. Hess devint l’adjoint du capitaine Delpeyroux. Les enfants gardèrent une grande affection pour « Maman Grandou » et « Tonton et Tata » Louradour.

Le 18 dĂ©cembre 2005, Yad Vashem – Institut International pour la MĂ©moire de la Shoah a dĂ©cernĂ© Ă  Lucie et Marcellin Grandou ainsi qu’Ă  LĂ©a et Elie Louradour le titre de Juste parmi les Nations.

Monsieur et Madame Grandou chez leur fille Georgette dans les Ardennes

 

 

 

 

 

 

 

 

Documents annexes

Article de presse - La Vie Quercynoise du 28/06/2007 Article de presse – La Vie Quercynoise du 28/06/2007
Article de presse - La Vie Quercynoise du 12/07/2007 Article de presse – La Vie Quercynoise du 12/07/2007
Article de presse - La dĂ©pĂŞche du midi Article de presse – La dĂ©pĂŞche du midi