Dossier n°11324C

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Les Justes

Année de nomination : 2008
Gabriel Féraud
Année de nomination : 2008
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession :

Maria Féraud
Année de nomination : 2008
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession :

Localisation Ville : Palaminy (31220)
Département : Haute-Garonne
Région : Occitanie

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Maria Féraud

Iser Bystryn et sa femme Sara, originaires de Pologne s’étaient mariés en 1930 et habitaient dans la banlieue parisienne. Le 14 mai 1941, Iser Bystryn fut arrêté lors d’une des premières « rafles » de Juifs étrangers et emmené au camp de Beaune-la-Rolande. Un jour, des policiers français s’étaient présentés à l’appartement des Bystryn et avaient conseillé à la famille de se sauver. Sara comprit que son mari s’était évadé du camp et elle s’enfuit la nuit même avec ses enfants pour Cahors où Iser les rejoignit.

Durant l’été 1942, Iser fut hospitalisé à Cahors pour un ulcère. Le médecin qui le soignait savait que son patient était juif et pour le protéger le garda six semaines de plus. Durant ce séjour ils devinrent amis et Iser Bystryn demanda au médecin de l’aider à cacher ses deux enfants, Denise âgée de 9 ans et Jean-Claude âgé de 4 ans. Le médecin suggéra de contacter Lucie Nonorgues (Sœur Emilia) la Mère Supérieure de la Congrégation des Filles de Jésus dans le couvent à Vaylats dans le Lot. Celle-ci prit Denise comme pensionnaire du couvent, l’Institution Saint Jeanne d’Arc, dans l’orphelinat, pour qu’on ne pose pas de questions délicates à Denise concernant ses parents. Jean-Claude fut autorisé à rester la journée à l’école, mais comme c’était une école de filles, les nuits et les fins de semaine il restait chez une voisine payée pour ses services.

A l’âge de 5 ans, Sara et la Mère Supérieure décidèrent qu’il était trop dangereux de garder un garçon à l’école et elles cherchèrent une autre cachette. Yvonne Féraud, professeur à l’école, trouva une solution. Elle avait entendu que sa tante, Marie-Louise Aymard, était prête à prendre un enfant réfugié et elle le dit à la Mère Supérieure. C’est ainsi qu’à l’été 1943 Jean-Claude se retrouva chez Alfred et Marie-Louise Aymard dans le village d’Escamps dans le Lot. Les Aymard, un couple sans enfant, considérèrent Jean-Claude comme leur petit-fils et le présentèrent aux villageois comme un membre de leur famille. Alfred, boulanger, emmenait de temps en temps Jean-Claude lors de ses livraisons de pain. Yvonne parcourait les vingt-deux kilomètres de Cahors à Escamps chaque week-end pour aider à s’occuper de son fils. Les Bystryn se cachaient dans les forêts près d’Escamps et pendant plusieurs mois, les Aymard les approvisionnèrent en nourriture quand ils étaient là.

Les Bystryn survécurent à la guerre et vinrent chercher Jean-Claude à l’automne 1945. La séparation fut très difficile et Jean-Claude continua à passer les vacances d’été chez les Aymard jusqu’à ce que la famille émigre aux USA en 1949.

Denise resta dans le pensionnat jusqu’au mois de mai 1944. Fin avril, Yvonne reçut un message des autorités ecclésiastiques de Toulouse, l’informant que Denise avait été dénoncée et qu’elle devait s’enfuir. Un messager apporta ensuite une fausse carte d’identité pour la petite fille juive, sous le nom de Marcelle Morel. Yvonne l’accompagna en train jusqu’au domicile de ses parents à Palaminy en Haute-Garonne. Le voyage était dangereux, car la Résistance avait saboté les rails et elles durent attendre longtemps à Toulouse jusqu’à ce que les trains circulent à nouveau. Yvonne craignait un interrogatoire de la police française ou des soldats allemands et que Denise fasse une erreur sur son nom. Elles se rendirent chez Gabriel et Maria Féraud, où Denise demeura jusqu’à la Libération de la France.

Le 6 mai 2008, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations à Monsieur Gabriel Féraud, son épouse Madame Maria Féraud, à Mademoiselle Yvonne Féraud.

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Mis à jour il y a 8 mois.