Dossier n°11409 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Gaston Girousse

Année de nomination : 2008
Date de naissance : 05/10/1880
Date de décès : 26/03/1963
Profession : Ingénieur polytechnicien, Président de la Société Nord-Lumière

    Personnes sauvées

    Date de Cérémonie de reconnaissance: 25 Juin 2009

    L'histoire

    Gaston GIROUSSE

    Léon Netter, avocat à la Cour de Paris, est issu d’une famille juive alsacienne venue s’installer à Paris en 1870 afin de ne pas devenir allemande. Son père, Arnold Netter, est un éminent professeur de médecine et biologiste de renommée internationale, membre de l’Académie de médecine. Léon Netter et sa famille résident  au 104, boulevard Saint-Germain, dans le VIᵉ arrondissement de Paris.

    Durant la Seconde Guerre mondiale, Léon Netter subit de plein fouet les persécutions antisémites mises en œuvre par le régime de Vichy et les autorités d’occupation. Il parvient néanmoins à survivre, notamment grâce aux solidarités qui se nouent dans son environnement professionnel.

    Malgré le numerus clausus imposé par Vichy aux avocats juifs, ses éminentes qualités professionnelles lui permettent de compter parmi les quatorze avocats juifs autorisés à demeurer inscrits au barreau de Paris. Cette situation prend fin avec son exclusion, le 12 février 1942.

    Léon Netter est notamment l’avocat de plusieurs compagnies d’électricité présidées par Gaston Girousse. Le siège de la société Nord-Lumière, situé au 3, rue de Messine, dans le VIIIᵉ arrondissement de Paris, sert par la suite de plaque tournante administrative pour l’établissement de faux ordres de mission.

     

    Gaston Girousse réside, quant à lui, au 12 bis, avenue Bosquet, dans le VIIᵉ arrondissement. Pendant l’Occupation, il utilise son propre domicile comme lieu de stockage clandestin afin d’y dissimuler et de protéger le mobilier et les biens appartenant à des familles juives victimes de spoliations.

    Le 21 août 1941, Léon Netter est interné au camp de Drancy. Gaston Girousse met alors à la disposition de son épouse, Marcelle Netter, une somme d’argent susceptible de favoriser la libération de son mari. Le 25 octobre 1941, un médecin-chef français établit une liste de personnes devant être libérées pour raisons médicales. Très affaibli, Léon Netter parvient ainsi à sortir miraculeusement de Drancy.

    Gaston Girousse lui procure alors une carte d’agent de l’électricité lui conférant la qualité d’ingénieur électricien. Le 5 janvier 1942, une voiture de l’Union Électrique lui permet de franchir un poste de contrôle allemand, sous le prétexte d’aller réparer une panne affectant le secteur de la ligne de démarcation. Tout est organisé pour lui permettre de franchir celle-ci. Une voiture d’une société d’électricité le prend ensuite en charge et le conduit en zone libre, à Loches, en Indre-et-Loire.

    Léon Netter poursuit sa fuite avec son épouse et sa belle-sœur. Tous trois parviennent finalement à franchir la frontière suisse à hauteur du village de Douvaine, en Haute-Savoie, et trouvent refuge en Suisse.

    L’action de Gaston Girousse ne se limite toutefois pas au sauvetage de Léon Netter et de sa famille. Il permet à plusieurs dizaines de personnes menacées ou recherchées par l’occupant de gagner la zone libre puis, après l’invasion de celle-ci en novembre 1942, de passer en Espagne. Pour faciliter ces déplacements clandestins, il établit de faux ordres de service enjoignant à leurs porteurs de se rendre dans les Pyrénées sous le prétexte d’y effectuer des études relatives à des barrages.

    Ce dispositif bénéficie aussi bien à des agents des sociétés d’électricité qu’à d’autres personnes menacées : Juifs persécutés, résistants ou réfractaires au Service du travail obligatoire (STO). Léon Netter, avocat de la société, bénéficie directement de ce réseau de solidarité : après sa libération de Drancy, il peut franchir la ligne de démarcation à bord d’une voiture de service avant de trouver refuge en Suisse.

    Durant l’Occupation, Gaston Girousse vient également en aide à Louis Cahen, son camarade de promotion, qui vit caché dans une chambre située au sixième étage d’un immeuble parisien. Il apporte par ailleurs une aide active à la famille du célèbre sociologue Émile Durkheim.

     

    À son retour d’exil en 1945, la famille Netter doit entreprendre de longues démarches administratives et judiciaires afin de recouvrer la pleine jouissance de son domicile. Comme pour de nombreux rescapés parisiens, la récupération du logement familial constitue alors une étape essentielle de la reconstruction de la vie d’après-guerre.

     

    Le 19 août 2008, Yad Vashem, l’Institut International pour la Mémoire de la Shoah, décerne à Gaston Girousse le titre de Juste parmi les Nations, en reconnaissance de l’aide qu’il apporta aux Juifs persécutés pendant l’Occupation.

     

    Documents annexes

    Invitation cérémonie Invitation cérémonie
    14 juin 2015 09:34:59

    Articles annexes




    Mis à jour il y a 2 semaines.