Dossier n°11512 - Juste(s)

Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Antoine Badard

Année de nomination : 2009
Date de naissance : 14/02/1908
Date de décés : 11/05/1946
Profession : Hôtelier

Françoise Badard Rocher

Année de nomination : 2009
Date de naissance : 04/08/1908
Date de décés : 22/09/1990
Profession : Hôtelière

L'histoire

Antoine et Françoise Badard possédaient une pension de famille, l’Hôtel de la Place, à Doizieux dans la Loire, un petit village d’environ 400 habitants, situé au sud de Saint-Étienne. En plus de leurs clients réguliers, la pension de famille hébergeait des enfants pendant l’année scolaire et servait de colonie de vacances durant l’été. En avril 1944, les Badard offrirent un abri à Alain et Serge Frank, deux enfants juifs âgés de cinq et sept ans dont les parents avaient été arrêtés par les Allemands.

Fanny et Léon Frank avaient quatre enfants : Solange, l’aînée, Alain et Serge, et Gilbert, né en 1942. Fanny avait la citoyenneté française car elle était née en France, mais son mari Léon état apatride, réfugié d’Allemagne. Avec la déclaration de guerre entre la France et l’Allemagne en septembre 1939, la famille avait été déplacée de Strasbourg à Tourtoirac en Dordogne en zone sud, où elle résida dans un calme relatif jusqu’en avril 1944. Le 1er avril, les Allemands aidés par la Milice française se lancèrent dans une chasse massive aux Juifs et aux membres de la Résistance qui se cachaient dans la région. Fanny, Léon et Gilbert, la mère de Fanny et un de ses frères furent tous arrêtés. Ils furent déportés par le convoi 71 à Auschwitz et assassinés.

Solange, Alain et Serge étaient à l’école au moment de l’arrestation et furent de ce fait épargnés. Le maire du village et l’Abbé Antoine Dumas, qui avaient créé un réseau de sauvetage pour les enfants juifs, aidèrent les trois enfants à s’enfuir dans une association de bienfaisance à Périgueux en Dordogne. De là, Solange fut envoyée à Annecy en Haute-Savoie où Rolande Birgy la plaça chez une famille habitant dans la ville. Alain et Serge furent pris en charge par le Réseau Garel, réseau de sauvetage clandestin de l’OSE, une association juive de bienfaisance, qui plaça les enfants dans la pension de famille de Monsieur et Madame Badard à Doizieux.

Alain et Serge furent accueillis chaleureusement par les Badard et ils se souviennent encore de l’atmosphère familiale créée par leurs hôtes. Les enfants furent présentés comme leurs neveux et inscrits à l’école du village sous le faux nom de Franet. Ils assistaient régulièrement à la messe les dimanches et participaient à toutes les activités du village. Un autre enfant juif, Bernard Hochman, fut également sauvé à Doizieux par la famille Beaufrère. Presque tous les villageois furent les complices du sauvetage des garçons.

A la Libération, les deux orphelins Alain et Serge furent pris en charge par l’OSE et placés dans différentes maisons de l’association pendant toute leur adolescence.

Le 25 janvier 2009, l’Institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations à Monsieur Antoine Badard et à sa femme Madame Françoise Badard.

BADARD Antoine

BADARD Françoise

Documents annexes

Invitation cérémonie Invitation cérémonie
6 avril 2017 14:31:27