Dossier n°11512A - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2011

Jeanne Guilhem Authier

Année de nomination : 2011
Date de naissance : 08/04/1891
Date de décés : 29/06/1973
Profession : Restauratrice

Localisation Ville : Tourtoirac (24390)
Département : Dordogne
Région : Nouvelle-Aquitaine

L'histoire

La famille Frank est expulsée dès septembre 1939 de Strasbourg. Elle arrive en Dordogne à Tourtoirac. Le père Léo Isaac Frank était né en 1896 en Sarre. En septembre 1935 il était devenu apatride. Divorcé, il s’était remarié en 1934 avec Renée Fanny née en France qui avait eu un fils de son premier mariage, Roland né en 1923 à Alger. Le couple Frank s’installe à Tourtoirac avec Serge né en 1935, Alain né en 1938 et Gilbert né en 1942. La grand-mère maternelle Aline Raphaël et le frère de Renée Fanny, Gaston Raphaël les accompagnent.

Le 1er avril 1944, les hommes de la Division Brehmer investissent le village de Tourtoirac. Les deux frères Serge et Alain reviennent de l’école cet après-midi là et trouvent la porte de leur maison fermée et deux SS leur demandent où sont leurs parents. Ils ne le savent pas et les deux hommes leur demandent de rejoindre l’hôtel-restaurant sur la place du village. La porte de l’établissement est ouverte et il y a beaucoup de monde. Avant de pénétrer ils aperçoivent leur mère Renée Fanny avec Gilbert et leur grand-mère. Au moment où ils s’apprêtent à traverser la rue pour les rejoindre, Madame Guilhem les prend et les cache sous le comptoir du bar dans un premier temps, puis les enferme dans une chambre au premier étage. Les enfants voient les deux femmes et Gilbert monter dans une camionnette. Elles partent avec les autres prisonniers à Périgueux. Le père absent ce jour-là se constitue prisonnier le lendemain voulant échanger sa vie contre celle des trois membres de sa famille. Il est déporté pour Auschwitz par le convoi 71 comme sa femme, sa belle-mère et son dernier fils Gilbert. L’oncle des enfants, Gaston Raphaël est fusillé le 1er avril à la sortie du village.

L’intervention de Madame Guilhem a été spontanée et par son geste a sauvé les deux enfants. Serge,  Alain et Solange sont placés dans des familles d’accueil chez Monsieur et Madame Badard qui ont été nommés Justes parmi les Nations le 25 juin 2009.

Le 6 février 2011, l’Institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Madame Jeanne Guilhem.

 

Jeanne Guihlem

Documents annexes

Invitation cérémonie Guilhem Invitation cérémonie Guilhem
14 mars 2015 09:45:30

Articles annexes