Dossier n°11586B

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Les Justes

Année de nomination : 2009
Aline Pierre
Année de nomination : 2009
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Ouvrière, finisseuse

Localisation Ville : Paris (75012)
Département : Paris
Région : Île-de-France

Lieu de mémoire



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Sarah Grosman est née en août 1926 à Paris. Ses parents, Moszek et Feiga Hener, étaient originaires de Pologne. Moszek est tailleur et Feiga couturière. En 1931, ils habitent 45 rue de Montreuil, dans le 11ème arrondissement de Paris. Jusque mi-juillet 1942, la famille Hepner reste dans cet appartement, où ils ont également leur atelier. Ils ont deux ouvriers, dont Aline Pierre.

Lorsqu’ils sont avisés de l’imminence de la rafle du 16 juillet 1942, ils sont totalement désorientés et Aline Pierre leur propose de les héberger à son domicile du Faubourg Saint Antoine. Elle dispose d’un appartement composé de deux pièces cuisine et les Grosman dorment sur un matelas à même le sol. Cela dure un an, jusqu’en 1943. Aline Pierre travaille dans un atelier de confection non loin de son domicile et rentre déjeuner chaque midi chez elle. Elle en profite pour apporter à ce moment-là un peu de nourriture. Durant son absence dans la journée, les Grosman restent assis autour de la table sans bouger, sans parler, de peur d’attirer l’attention sur eux. Sur le même palier habitait un couple de fascistes italiens qui venaient écouter à la porte. Personne dans l’immeuble n’avait connaissance de la présence des Grosman.

A partir de juillet 1943, Madame Pierre apprend qu’une pièce cuisine se trouve être libre à leur ancienne adresse au 45 rue de Montreuil. Les parents Grosman décident alors d’intégrer ce minuscule appartement et pour ne pas attirer les soupçons de l’entourage, Aline Pierre prend à son nom l’engagement de location et paie le loyer jusqu’en août 1944. L’immeuble comporte huit entrées, soixante-dix appartements et ateliers. Personne n’est au courant de la présence des Grosman, excepté une famille amie qui les a également protégés en prenant des risques, les Grandjean et la concierge.

Après la guerre des relations amicales perdurent avec Aline Pierre jusqu’à son décès dans les années 1950.


Le 3 Mai 2009, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Madame Aline Pierre. 

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