Dossier n°11668 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

André Berthet

Année de nomination : 2009
Date de naissance : 19/10/1896
Date de décès : 04/03/1985
Profession : Bottier cordonnier

Yvonne Berthet Naudon

Année de nomination : 2009
Date de naissance : 16/01/1901
Date de décès : 16/11/1994
Profession : sans profession
    Localisation Ville : Châtillon-sur-Indre (36700)
    Département : Indre
    Région : Centre-Val de Loire

    L'histoire

    Yvonne, André et la petite Rachel Gebrowicz en 1943

    André et Yvonne Berthet, un couple sans enfant, habitent à Châtillon-sur-Indre depuis 1938 où André tient un magasin de bottier et de cordonnier, 10 route du Blanc.
    Bouleversé par la mort d’un neveu résistant à Tours, fusillé alors qu’il terminait ses études de médecine, et par le suicide consécutif de ses deux parents, André Berthet, alors âgé de 42 ans, décide de se rendre utile.
    En 1942, André et Yvonne Berthet ne vont pas hésiter à abriter la petite Rachel Gebrowicz chez eux.

    Rachel et sa sœur Suzanne avaient été envoyées par leur mère, quelques mois auparavant, en zone libre à Limoges. C’est de là qu’un service d’aide aux juifs organise le placement des enfants et qu’elles arrivent à Châtillon en novembre 1942.
    Rachel, 2 ans, est confiée André* et Yvonne Berthet*, tandis que sa sœur, Suzanne, 11 ans, est placée chez les Chotin, sous une fausse identité.

    Les Berthet, qui n’ont pas d’enfants, accueillent officiellement cette petite fille avec l’appui bienveillant du maire, le docteur Roger Cluzeau, et la discrétion de la gendarmerie.
    Rachel, devenue la petite « Marcelle », s’attache très vite à ses parents adoptifs au point de les appeler « papa et maman » au bout de deux semaines. L’enfant grandit et va à l’école.
    Rachel est entourée d’un formidable amour dira-t-elle, à tel point qu’à la Libération, j’ai refusé de repartir avec ma mère venue nous récupérer, moi et ma sœur. J’étais complètement insensible à la douleur de cette autre maman (NDLR : à 105 ans, elle est toujours en vie) dont le mari était mort en déportation en 1943. A ma décharge, rappelons que je n’avais que cinq ans et demi. »

    Rachel ira régulièrement chez sa vraie mère, restée à Paris alors que son mari, déporté, ne reviendra jamais, mais ne rentrera à Paris qu’à l’âge de 15 ans.

    Rachel se marie à 24 ans, « obligeant » son père adoptif à l’accompagner à la synagogue.
    André Berthet, communiste notoire, athée et libre-penseur s’exécute par amour pour « sa » fille ! Deux filles naissent et un jour, Rachel Gebrowicz les emmène au mémorial de la Shoah où elles voient le nom de leurs deux grands-pères déportés et jamais revenus. Passent devant la stèle des « Justes », elles demandent à leur mère pourquoi les « grands-parents » Berthet ne sont pas reconnus comme Justes. Rachel Gebrowicz répond « que son père n’aimait ni les médailles ni les honneurs et qu’il aurait refusé ». Et l’une des filles dit à sa mère : « il refusait d’aller te marier à la synagogue et il a pourtant changé d’avis ! »
    En 1973, la famille Berthet avait adopté Rachel qui s’appelle maintenant légalement Mme Goldstein, née Rachel Gebrowicz-Berthet.

    « André et Yvonne Berthet ont été des grands-parents formidables. Quelle chance j’ai eu de les avoir rencontré ! »

    Le 30 août 2009, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur André Berthet et son épouse Yvonne.

    Rachel Gebrowicz à son mariage au bras de M. Berthet

    Rachel Gebrowicz au bras de M. Berthet le jour de son mariage

    Documents annexes

    Article de presse - Revue Résistance en Touraine avril 2010Article de presse – Revue Résistance en Touraine avril 2010
    Article de presse - Le Journal Berrichon de 2010Article de presse – Le Journal Berrichon de 2010
    Article de presse -La Nouvelle république du 26/10/2010Article de presse -La Nouvelle république du 26/10/2010

    Brochure journée nationale 2021




    Mis à jour il y a 2 mois.