Les Justes
Marie (Mère Anselme) Monteillet
Année de nomination : 2009Date de naissance : 03/11/1875
Date de décès : 28/03/1965
Profession : Mère supérieure de l’Orphelinat Saint-Yves, Religieuse de la Congrégation Sainte-Marthe
L'histoire

Monteillet Marie – Mère Anselme
Rosa et David Eskénazi, originaires de Grèce et de Turquie, arrivent à Marseille en 1923 avec leurs deux filles, Claire, née en 1920, et Rachel, née en 1923. Ils habitent alors place de l’Opéra, au 6 rue Corneille. David est tailleur confectionneur à domicile. Six autres enfants naissent à Marseille entre 1925 et 1936 : Suzanne, Marcelle, Jeanne, Germaine, Liliane et Joseph.
En janvier 1943, se déroule à Marseille l’une des rafles les plus importantes de France, après celle du Vel d’Hiv survenue à Paris en juillet 1942. Les autorités françaises, avec la coopération allemande, raflent en deux jours environ 6 000 personnes. Pour les Juifs de la ville, cela signifie la déportation puis la mort de plusieurs centaines d’hommes, de femmes et d’enfants. Sept cent quatre-vingt-six Juifs sont envoyés au camp de Sobibor par les convois n° 52 et 53.
David et ses filles Rachel, 18 ans, et Suzanne, 17 ans, sont arrêtés et déportés lors de cette terrible rafle. Ils sont d’abord dirigés vers Compiègne, puis vers Drancy. Ils ne reviendront pas.
Quelques semaines plus tard, Rosa fait appel à l’OSE pour trouver un refuge à ses autres enfants, qui, n’ayant pas atteint l’âge de 15 ans, vont être séparés en trois groupes. L’organisation contacte alors Marie Monteillet (Mère Anselme en religion), Mère supérieure de Saint-Ives, qui dirige un orphelinat de la Congrégation de Sainte-Marthe à Romans-sur-Isère, dans la Drôme. Elle accepte d’accueillir Jeanne, 15 ans, Germaine, 12 ans, et Liliane, 7 ans, emmenées par une assistante sociale. Elles y restent, sous le nom d’emprunt Érard, jusqu’à la fin de l’année 1944.
Joseph, quant à lui, est caché chez un agriculteur dans la région de Nice. Marcelle, Claire et le bébé de cette dernière se réfugient dans le Cantal. Rosa est à son tour arrêtée et déportée. Elle ne reviendra pas.
En juillet 1943, trois fillettes — les Eskénazi — arrivent à l’orphelinat. Pendant leur séjour, elles sont enregistrées sous un nom bien français. D’autres fillettes juives y trouvent également refuge, où elles sont traitées avec respect et affection. Elles participent aux prières, mais les sœurs n’essaient jamais de les convertir au christianisme. Aucune pression ni aucun prosélytisme ne sont exercés quant à l’observance des rites religieux de l’orphelinat.
Marie Monteillet et sa congrégation ont ainsi sauvé dix-huit jeunes filles de confession juive.
Un jour, la Milice française effectue une descente surprise à l’orphelinat : les enfants sont rassemblés dans une grande salle et forcés de rester debout jusqu’au départ des miliciens. Lors d’une deuxième perquisition, les sœurs, prévenues à l’avance, font quitter l’institution aux fillettes juives, qui sont placées quelques jours dans des familles de la région. Les filles restent à l’orphelinat jusqu’à la Libération, puis sont envoyées dans une maison d’enfants gérée par l’OSE, à Oullins, près de Lyon.
Le 30 novembre 2009, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné à Marie Monteillet, Mère Anselme en religion le titre de Juste parmi les Nations.
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